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[Questo saggio è tratto dalla rivista micRomania (CROMBEL), n. 1.11 – marzo 2011, direttore Jean-Luc Fauconnier (Chatelet – Charleroi, Belgio)]
Les parlers galloitaliques sont d’usage dans la partie septentrionale de l’Italie; il s’agit notamment du piémontais, du lombard, du ligure, de l’émilien et du romagnol. On trouve aussi des communautés qui usent de parlers galloitaliques en Italie centrale et en Italie méridionale. En Sicile, ces parlers sont encore d’usage dans des îlots linguistiques, plus particulièrement dans les provinces d’Enna et de Messine.
Le galloitalique de San Fratello
par Benedetto Di Pietro
San Fratello est un village de la province de Messine situé dans les monts Nebrodi, qui a fait parler de lui dans les médias à la suite d’un fait divers, à savoir un éboulement qui a menacé d’emporter une grande partie de l’habitat le 14 février 2010. Cette localité est également connue pour une race de chevaux autochtones, des chevaux d’origine arabo-normande élevés à l’état sauvage. Mais peu des gens, si l’on excepte les linguistes, savent que San Fratello possède un parler qui diffère du sicilien.
Ce parler proviendrait de l’Italie du Nord et son origine serait à rechercher dans l’arrivée des Lombards en Sicile à la suite de l’expulsion des Arabes par les troupes du comte d’origine normande Ruggero d’Altavilla (1031 – 1101). De tels établissements sont dus à la présence des familles qui suivaient les soldats du « grand comte » restés sur place pour défendre la Sicile.
Ces soldats et leur famille provenaient du Nord de l’Italie soit parce qu’ils avaient été appelés par Adelasia (ou Adelaide) del Vasto (1074 – 1118) de la famille des Aleramici, troisième épouse de Ruggero en 1089, soit du sud de l’Italie déjà occupée par les Normands. La famille de Adelasia était originaire de Monferrato dans le Piémont, région qui formait avec les actuelles Ligurie, Lombardie et Émilie, la Lombardie du xiième siècle. Cette communauté s’installa dans une vingtaine de villages abandonnés par les Arabes. À San Fratello, ce serait probablement une colonie originaire du Val Bormida en Ligurie qui se serait installée.
On ajoutera que d’autres migrations venant du nord vers la Sicile eurent lieu au cours du xiiiième siècle sous les Ducs d’Anjou et la domination aragonaise.
San Fratello, qui s’appelait auparavant San Filadelfo, se trouve dans les environs d’un site où se situait l’antique cité grecque d’Apollonia détruite par les Syracusiens de Agatocle (-361 – -289) parce qu’elle refusait de faire alliance avec eux contre Carthage.
Avant la conquête de la Sicile par les Arabes, les habitants de ce village pratiquaient le rite byzantin. Le nom même dans le parler local San Frarèu, évoque la vénération des saints frères Filadelfio, Alfio, et Cirino martyrisés à Lentini par Tertullus Romanus sous le règne de l’empereur Trebonianus Gallus, en 253. D’autre saints byzantins sont d’ailleurs honorés et d’autres églises leur furent dédiées, parmi celles-ci: Sant’Antonio Abate, San Nicolas de Bari, San Basilio et San Pancrazio.
Le parler de San Fratello conserve encore des traces des dominations grecques et arabes. Par exemple le mot pérgu (grec pergamon) ‘chaire de vérité’, Albarari (grec albàrios) ‘zone où on produit de la chaux’, Santièsm (grec Xantismos) ‘région dans laquelle il y avait de la terre jaune’, nausg pers (grec persèa) ‘baie du cyprès’, àrgu (grec organon) ‘orgue’.
Les influences arabes sont également nombreuses:
babalùc ‘limace’ (arabe babalùc)
bunäca ‘veste’ (arabe menàqa),
burnìa ‘récipient pour aliments’ (arabe barniya)
burg ‘tas de paille’ (arabe burgh)
càffa ‘gros sac pour le transport animal’; ‘nid d’oiseau’ (arabe quffa)
calìg ‘petit ruisseau’ (arabe qalig ‘golfo’)
carruòb ‘caroubier’ (arabe harrub)
damùs ‘faux plafond d’une maison’ (arabe damus)
fàunach ‘boutique’ (arabe funduq ‘albergo’)
favèra ‘source’ (arabe fawàrah)
fistùca ‘pistachier’ (arabe fustuqa)
frazzära ‘couverture de laine’ (arabe frazzàth)
gibidìan ‘cal’ (litt. petite montagne) (arabe gebel ‘montagna’).
gièbia ‘inondation’ (arabe gèbiya)
gièrra ‘jarre pour l’huile’ (arabe giarrah)
garzèuna ‘armoire creusée dans une paroi’ (arabe hazzana)
giubba ‘veste militaire’ (arabe giubbah)
mèarg ‘marécage’ (arabe marg)
näca ‘berceau’ (arabe naqah)
nichièja ‘vengeance’ (arabe nikeja)
ncatuser ‘conduite fermée pour le transport de l’eau’ (arabe kadus)
sènia ‘roue d’irrigation’ (arabe senia)
sfacidära ‘gifle’ (arabe sgiflatha)
sumäch ‘semac’ (arabe summaq)
tabùt ‘cercueil’ (arabe tabuth)
tanùra ‘four à bois’ (arabe tennura)
zaarèda ‘brin d’étoffe’ (arabe zareda)
zzùcar ‘sucre’ (arabe sùkkar)
zzuch ‘tronc d’arbre’ (arabe suq)
Aujourd’hui, vouloir retrouver des termes du parler original des premiers siècles du deuxième millénaire serait très difficile. Il reste des phonèmes originaux liés au parler sicilien des siècles passés. En revanche, les mots qui nous rappellent les parlers du nord de l’Italie sont fréquents et il est facile d’en rencontrer un grand nombre concernant le corps humain ainsi:
arògia ‘oreille’
àungia ‘ongle’
barbaràt ‘menton’
bavr ‘boire’
cam’nèr ‘marcher’
cavài ‘cheveux’
cavìgia ‘cheville’
d’nuòg ‘genoux’
di’ ‘doigt’
mangèr ‘manger’
mèan ‘main’
mpastèr ‘pétrir’
murìr ‘mourir’
pardèr ‘parler’
parpièra ‘paupières’
päss ‘pas’
pè ‘pied’
rrir ‘rire’
t’rèr ‘tirer’
turnèr ‘retourner’
uògg ‘œil’
z’nzièga ‘gencive’
ou la vie domestique et l’agriculture, ainsi:
amurtèr ‘éteindre’
a ncà-màia ‘chez moi; à la maison’
bà ‘bœuf’
cài ‘choux’
castègna ‘châtaigne’
cavèi ‘chevaux’
ccià ‘clou’
chièn ‘chien’
ciàngia ‘sangle sous ventrale (de la selle)’
ciuràna ‘action d’entourer’
cr’sciant ‘levure’
cräva ‘chèvre’
cugèr ‘cuillère en bois’
cutièu ‘couteau’
dièvr ‘lièvre’
dumscièu ‘coude’
duòi ‘deux’
set ‘sept’
èra ‘aire’
erbu ‘arbre’
eua ‘eau’
f’nuòg ‘fenouil’
fàunz ‘champignon’
fomna ‘femme’
frèa ‘frère’
giuòrn d’ubrì ‘jour ouvrable’
mastrièu ‘rouleau pour le pain’
mu ‘mule’
nèspu ‘néflier’
purzièu ‘cochon’
rrumànta ‘ordure’
s’gnàura ‘madame’
s’rpant ‘serpent’
siègia ‘chaise’
truòss ‘trognon’
tucc ‘tous’
uòli ‘huile’
zàu ‘joug’
zerb ‘gerbille’
Mon expérience personnelle
Le parler de San Fratello a toujours été transmis par voie orale. Ce n’est que dans la deuxième moitié du xixième siècle que Lionardo Vigo di Aci (1799 – 1879) a inclus dans son ouvrage Raccolta amplissima di canti populari (1870 – 1874), une série de chants de San Fratello. Dans la préface de son livre, il rapporte une de ses lettres envoyée au philologue piémontais Giovenale Vegezzi Ruscalla (1799 – 1883) traitant de la langue des chants lombards de Sicile, lettre dans laquelle il confirme: « J’ai dit en 1857 et je le répète, la langue de Piazza (Armerina)* est plus inintelligible que le langage de Satan et j’y ajoute la langue de San Fratello et je crois superflu d’ajouter qu’elle ne l’est pas en soi mais bien pour les locuteurs d’une autre langue. »
Une divergence qui se prolongea dans le temps naquit entre Lionardi Vigo di Aci et Luigi Vasi (1829 – 1901). Ce dernier, natif de San Fratello, taxa Vigo di Aci d’incompétence et celui-ci lui reprocha d’avoir peu de connaissances en linguistique. Vasi préféra se consacrer à la philologie de San Fratello, ses recherches furent publiées dans Studi storici e filologici (Amenta, Palermo 1889).
Benedetto Rubino, folkloriste et ethnologue originaire lui aussi de San Fratello, collaborateur de Giuseppe Pitrè (1841 – 1916) consacra de nombreux écrits au folklore de San Fratello mais il écrivit peu sur son parler. L’ensemble de ses travaux fut publié dans Folklore de San Fratello (Reber, Palermo 1914). Par la suite, on ne publia plus rien sur le parler de San Fratello jusqu’à mes publications.
J’ai commencé à m’occuper du sauvetage de la langue de San Fratello dans les années 90, plus poussé par amour de la langue que mes parents m’ont transmise que par intérêt spécifique.
Vincenzo Orioles, dans l’introduction à mon ouvrage Àmi d carättar (Akron, Furci Siculo 1997), cite la conclusion d’une étude de 1970 due au dialectologue Giovanni Tropea, La letterarizzazione dei dialetti galloitalici della Sicilia: « Les parlers galloitaliques n’ont pas produits d’œuvres littéraires et n’en produiront jamais ». C’était une formulation bien sévère à l’égard des parlers locaux et notamment à l’égard du parler de San Fratello. Giovanni Tropea avait certainement à l’esprit ce qu’avait écrit Lionardo Vigo di Aci cité ci-dessus.
Je ne pouvais accepter que la langue parlée par la population de San Fratello et avec elle toute la culture paysanne, les us et coutumes puissent disparaître au nom d’un diktat formulant que seule une langue capable de produire des écrits peut survivre dans le temps.
Une pointe d’orgueil m’envahit et j’ai passé en revue toutes les personnes qui parlaient et communiquaient régulièrement dans cette « langue de Satan » exactement comme le font tous les habitants des autres villages même si les gens de San Fratello utilisent pour communiquer avec les villages voisins une autre langue, le sicilien. Mais j’ai aussi compris que pour permettre au parler de San Fratello d’accéder à la littérature, il n’était pas suffisant d’utiliser un système d’écriture phonétique. Je donnais raison à Salvatore C. Trovato qui avait écrit dans une étude préliminaire à mon ouvrage A tarbunira (Il lunario, Enna, 1999):
« L’écriture phonétique n’est d’aucune utilité pour les poètes, poètes qui d’ailleurs ne sont pas présents à San Fratello, elle n’est pas utile aux folkloristes ni à ceux qui voudraient mettre l’accent sur les caractéristiques de ce parler. Je crois même que transcrire phonétiquement un parler soit hors de propos et certainement réducteur pour l’éventuel processus d’utilisation. » (…) « des difficultés objectives orthographiques (…) ont empêché l’utilisation d’une écriture pour ces parlers particuliers parmi les parlers galloitaliques de Sicile. Il résulte de ce qui est dit plus haut que le parler de San Fratello est déclaré non littéraire parce qu’il ne peut être transcrit. »
Salvatore C. Trovato affirmait que la cause principale de cette carence résidait dans le manque d’un système de transcription phonologique, différent donc des écritures phonétiques qu’il considère comme «hors de propos et réductrice».
*Piazza Armerina est une localité de la province d’Enna où l’on use d’une variété de galloitalique.
Le système de transcription
À la lumière des prémisses où j’affirme qu’il ne suffit pas d’écrire d’une certaine façon le parler de San Fratello mais qu’il fallait un système de transcription qui puisse être accessible aux lettrés au cours du temps, ce parler lié l’histoire des mouvements des peuples qui étaient arrivés en Sicile du Nord de l’Italie, de France (Normandie et Provence), en plus de ceux qui provenaient de l’Italie méridionale.
Le fait d’avoir séjourné dans le Nord de l’Italie plusieurs années pouvait m’être très utile. J’ai pris contact avec Salvatore C. Trovato (Università di Catania), professeur de Géographie Linguistique et spécialiste des parlers galloitaliques de Sicile et Vincenzo Orioles (Università di Udine) professeur de Philologie et Linguistique et directeur du Centre International de Plurilinguisme.
Le problème qui s’est immédiatement posé, c’est que dans le passé, on n’avait pas élaboré un système de transcription homogène et cohérent qui permettait de transcrire de manière acceptable les nombreux phonèmes absents de la langue italienne et sicilienne. Donc, chacun était amené à écrire les mots comme il lui semblait ce qui ne permettait pas de pouvoir les comparer et à produire une écriture qui se réduisait à une imprononçable accumulation de consonnes. C’était ce qui avait fait dire à Vigo di Aci que le parler de San Fratello était « plus inintelligible que le parler de Satan ».
Le système de transcription établi, j’ai été amené à utiliser par souci d’uniformisation, les mêmes caractères que les autres parlers galloitaliques de Sicile. Ensuite, je me suis efforcé de vérifier la proximité de ce parler avec le français, comme certains en ont émis l’hypothèse, du moment que le <r> final des infinitifs est prononcé dans le parler de San Fratello contrairement à ce qui se passe dans les parlers du Nord de l’Italie. Je me suis préparé à transcrire quelques fables Jean de La Fontaine (1621 – 1695). Voir à ce sujet Faräbuli, Cip, Università di Udine, 2004.
La langue utilisée par le poète français était une langue nationale décrétée comme telle, dès 1539, à la suite de l’ordonnance[] de Villers-Cotterêts prise par le roi de France François Ier (1494 – 1547); cette langue était donc bien éloignée de la langue provençale ou des autres parlers du Sud de la France, plus proche géographiquement du Nord de l’Italie e donc du parler de San Fratello
La grosse difficulté qui est apparue dans la codification du parler de San Fratello est la présence d’une ou peut-être plusieurs voyelles muettes. Au cours de mes écrits, j’ai utilisé l’apex (sorte d’accent aigu marquant la quantité longue d’une voyelle) pour signaler cette voyelle que ce soit dans la collecte de brèves histoires Àmi d carättar (Akron, Furci Siculo 1997) ou dans Charybdis (Intilla, Messina, 1995) anthologie publiée par Giuseppe Cavarra dans lequel sont publiés onze de mes poèmes. Outre les signes diacritiques, j’utilise le schwa pour indiquer la voyelle muette. À partir du recueil de poésie  tarbunira (Il Lunario, Enna 1999 ), pourtant, j’ai remplacé l’apex par la voyelle muette <i>, signe que j’ai également utilisé dans U scutulan di la Rraca (Montedit, Melegnano, 2007).
Pour conclure je dois dire que s’il est vrai que beaucoup de sons et termes appartiennent aux parlers du nord de l’Italie, qu’il est vrai aussi que le temps modifie inexorablement les langues des hommes, le parler de San Fratello, lui, dans son immuabilité et son apparente incommunicabilité fait le chemin inverse, en effet il contient dans son corpus de nombreux termes latins, des termes du sicilien anciens disparus aujourd’hui partout ailleurs.
Benedetto Di Pietro
Textes
Remarque générale: le <i> non accentué est toujours muet; le <ä> est toujours accentué et correspond au son vocalique de that anglais).
Chiènt notùrn
Sach mpàrta di curiusèr
nta d’abìss di li dàudisg nàti
se u grir di la cricrièda
ti umrìa e t’assuttèrra.
È strèuna la mùsica dû carròtt
se nta la nuott appàsa
a la stèanga s’accumpègna
trimulänt na dintèrna.
Mièghj grider, abaier, rruculier,
nta d’àura chi fèa dàrmir i gridd:
pircò u lech dû silènziu
nsurdìsc la memuòria.
Extrait de  tarbunira
Chant nocturne
Qu’importe scruter / Dans l’abîme des douze notes / Si le cri de la crécerelle / T’effraye et te fait rentrer sous terre. // Elle est étrange la musique du chariot / Si dans la nuit suspendue / La barre s’accompagne / D’une lumière tremblante. // Il vaut mieux crier, aboyer, hululer / Dans l’heure qui fait dormir les grillons: / Parce que l’écho du silence / Assourdit la mémoire.
U ieu e la uorp.
Sàura di na rräma di ngh’èrbu èra di sintinèlla
n vècchji ièu dritt e schièrt.
«Frèa mièa, ghji dièss na uòrp fann la vàusg dàuzza,
niecc ni suòma cchjù n quarèla:
pesg ginirèu sta vàuta.
Jea viègn p’annunzièrtilu, sciànn quänt t’abräzz.
Ni mi strapurtèr, pi plasgiàr:
stumatìan uò avissitèr vint past sànza amanchèr.
Tu e i tuòi pulài abarèr
sànza nudd schiènt ê vasc affèr;
nièucc v’auòma sirvìr da frèi.
Gièa da stasàra fài d’artifìzzi;
e ntô stiss tamp tu vièn a rricìviti
n basgiunäzz di bài fratèrn.
– Amiègh mièa, ghj’arpunò u ieu, iea ni pulàia mèi
ntàniri na nutìzzia cchjù bèdda
di quòssa,
di ssa pesg.
E pi iea è n plasgiar dàppiji
u fätt di sàntirila di tu. Stäcch vrann di chièi divrièr
chi, suògn sigur, son currièr
manèi apàsta pi quòss fìni.
Vèan vilàc, e nta n mumànt arrìvu zzèa àna nièucc.
Ièa sciànn e accuscì mi puluòma abbrazzèr tucc quänt.
Adièu, dièss la uòrp, la màja strära da fer è dàngua;
nièucc m’adigruòma pi d’affèr
nèutra vàuta». La briccàuna sùbit
si mott i pièi ncadd
e schièpa vers di la muntègna
mälacuntànta di la saua nvinzian;
e u nasc vècchji ieu ntra di rau
si mott a rrir dû sa schient:
pircò è n plasgiàr dàppiji mbrughièr ô mbrughjaràn.
Le coq et le renard.
Texte original de la fable de Jean de La Fontaine
Sur la branche d’un arbre était en sentinelle / Un vieux coq adroit et matois. / « Frère, dit un renard adoucissant sa voix, / Nous ne sommes plus en querelle: / Paix générale cette fois. / Je viens te l’annoncer; descend que je t’embrasse. / Ne me retarde point, de grâce: / Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer. / Les tiens et toi pouvez vaquer / Sans nulle crainte à vos affaires: / Nous vous y servirons en frères. / Faites-en les feux dès ce soir; / Et cependant viens recevoir / Le baiser d’amour fraternelle. / – Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais / Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle / Que celle / De cette paix. / Et ce m’est une double joie / De la tenir de toi. Je vois deux lévriers / Qui, je m’assure, sont courriers / Que pour ce sujet on envoie. / Ils vont vite, et seront dans un moment à nous. / Je descends, nous pourrons nous entre-baiser tous. / – Adieu, dit le renard, ma traite est longue à faire; / Nous nous réjouirons du succès de l’affaire / Une autre fois.» Le galant aussitôt / Tire ses grègues, gagne au haut / Mal content de son stratagème; / Et notre vieux coq en soi-même / Se mit à rire de sa peur: / Car c’est double plaisir de tromper le trompeur
U scippa-danc
| I |
miei viegg ngir pû maun mi mparean ch’u mistieri u cchjù ùtuli ô mezz dî tenc è cau dû parrucchier. Ghji son parrucchier di fomna; ghji n son di quoi chi trättu i cavai di ghj’ami e di li fomni a la stissa maniera; ghji n son ieucc sau pi ami. Puru li säli ana roi traveghju son a la purtära di tutt li saccoti. Quoddi di ‘signàura’, ê giuorn nasc aväntu na cliantela di tucc i tip, cam a dir chi ni fean sparticulea né pi li servi e meanch pi li signauri; la causa cchjù mpurtänt è di paèr.
Puru ô chient chient di la furesta africhieuna u mistieri di la parrucchiera è ban assignalea: quättr pei cu na canizza di pärmi appuiera di saura, di1 zzopp p’assitersi a d’àumbra, e cchjù ieut n mars di däna cu la scritta nglasa Hairdresser, chi significa ‘parrucchiera’. Vi dumanai chi tip di cunzarura fean li parrucchieri di l’Äfrica nara. È una saula e ghji vau tänt traveghj. Prima i cavai arrizzunei ien a èssir stirèi e gnumariei cam li stighjuòli, oppuru assistimei a trizzini. Pi quänt pà parar na causa discutibu, na parrucchiera di quod bäni n’arniesc a sadisfer cchjù di na parruchjieuna ô giuorn.
Ô miea paies, i parrucchier di am s’acciemu ‘barbier’ e la saua butiega iea n nam di cultura sièria: ‘Salone’. Salàn e besta, pircò la bärba la ien sau ghj’ami. Ara li fòmni ien i suoi saluòi di parrucchieri, ma fina a mezz secul fea si fasgiaiu di bedd tròzzi chi sanza mann s’appuncievu ntesta a cudirràn cui firròtt.
Aner ô Salàn ni ulaia dir sau aner a taghjersi i cavai o a fers la bärba; ma ulaia dir puru aner a dièjir cherca rrivista, ascuter la rrädiu, sàntiri di la viva vausg dû barbier li nutizzî, tutti li nutìzzî, puru quòdi dû paies chi rau avaia suntì di ieucc cliant. Ghj’è n barbier sunaraur e ntô sa salàn iea mi mparei li primi nati di la citerra. Nta zzert ieutri2 rregiuòi i parrucchier di am ien n sigaun mistieri; fean i custurier p’abalanzer la manchienza di cliant ntê tamp mart di d’änn3. Ma sanza fer distinzian, parrucchier e barbier ê tamp passei ien a stät tucc ‘scippadanc’, ossia ien pratichiea d’eart dû dintista, si ntann ch’adaura ni ghj’arrubävu u traveghj ai dintista, cam i ntunuòma ara, chi eru assei pach o ni n ghj’eru pruòpia. Ghj’eru i dutaur, ma la giant si tinaia a la därga.
Quänn iea era carusìan mi cridaia ch’u dintista e u barbier s’arsumighjevu pû fätt chi pussirivu na putrauna cui puoiabräzzi e u puòiatesta, e na tineghja pi scipper i danc. Fu n secut, quänn turnann di na vìssita dû dintista chi mi diess chi m’avaia scipper na ienga, mi pätri pi fermi curegg si cunfrea cuntànnimi na pera di stuòrii streuni. La prima ghj’assuccirì a rau; nta la sigauna fu prisant quänn ghj’u cuntea n sa vecchj canusciant.
Na vauta i danc ni vnivu curei. Fu la scianzia a cunvànzirimi chî danc ien a èssir sarvei a tucc i cast, puru quänn l’unica cura giusta fuss quòda di scipperghjî taun. Ma pi n dintista ogni danc chi stea nta la buocca di na pirsauna è n’aspitativa di rrànita e nanqua è giust di fer tutt u pussibu pi sarverlu, machieri purtann argumant di bidózzi e di mastigarura saura dî danc dû giurizzi, chi ni servu a nant e duru pach puru nta na buòcca bauna curära.
Cau giuòrn mi pätri è disprea pû meu dî danc. Iea na ienga cûn pirtus gränn cam na grutta di ana pär chi si ng’ulòss nièsciri la miruòda. Li iea appruvea tutti: sguäzz di märva, ncians e suchierr ntô pirtus pi fer stuner u dulaur, e ogni ieutra mirsgina ch’u papul cunsighja. Ma aramei cau danc è taun arruinea e advintea n turmant. La causa giusta fuss d’aner ana u dutaur, nvec la scelta è cunsidirära n’alternativa ô barbier, puru pircò sard n giru assei pach e ô dutaur bisagna paerlu; ô cunträrij cû barbier un s’aggiusta a la fini di d’änn. È na causa lagica di punser chi quòda putrauna cui puoiabräzzi e u puòiatesta iea la fuòrma giusta pi scipper i danc. Nvec ni serv. U barbier iea na bauna canuscianza di cau tip di cliant. Sea chi scipper n danc n’e la stissa causa cam fer na bärba. Ghj’è sampr d’arrasigh di cherch pugn, cuscì u tratamant iea a èssir divers di cau dî cliant di bärba e cavai.
Quòda mattina mi pätri s’appr’santa ô salàn. Li saui ntenziuòi son chjieri: assitersi saura di quòda putrauna. Ma u barbier, chi giea capì tutt causi, u trattien spiànghj se anea pi fersi la bärba o pi ieucc mutivu e appana iea la cunfierma chi si trätta di danc, tira fuòra di na garzeuna na frazzära strurira, la stann subt nterra e u nvira a stunnichjersi a fecc a d’er4. Pigghja di n cascian la tineghja, la disinfieta cû spiert, la uerda arbànnla e nciurannla na pera di vauti pi fersi la mean. Apuòi cam n nigg ghji seuta dincadd a mi pätri assistimannisi a ienchi auerti saura dû piet, mbluccanghj puru li bräzzi. Praunt ghji nfilla tineghja mbuòcca e stranz u danc. Cu na mean a la fraunt ghji tien fierma la testa e cun di batti masculini u danc è u sa e cuntant u sbaniera attacchiea a la tineghja, antucc cûn pezz di anglär. Si sus, pigghja n diarò di asgiai chi tien amucciea darrier di na tana e ghjû parz a mi pätri ancara sturdì, pi sciacquersi la buòcca. Zzea u caunt si fea cunfaus. Mi pätri disg chi si buvò cau asgiai cam fuss eua, nvec d’ascuter li struziuoi dû sa barbier.
Ma pi quänt pà paràr pisänt u fätt chi vi cuntèi, ni pà èssir cunsidirea ancara ô mässim di li scelti chi ng’am è capec di fer quänn vien curpì dû meu dî danc. Ghj’assuccirì a n campagnò ch’u meu dî danc ni vauss sparagner. Puru i cuntadì avaiu n barbier chi girijeva a campegni campegni. U dunudì, u giuòrn ch’i barbier eru nciausc pû rest dî cliant. Nta la buòrsa dî firramant, ô mezz dî rrasuòi e di li macnòti pî cavai, n’amanchieva la sàlita tineghja pî danc. Ma ô nasc amiegh u meu dî danc ghj’arriva di martidì e s’apprisanta subit beu fart. Dipuòi di di5 giuòrn e di6 nuòtt di chiei, matura la pinsära di fer da rau.
Visgìan a la saua chiesa ghj’è na pienta chi crosc a traffa, cu 1i rrämi daunghi, mudasi e feci1 d’arbascer: è n pè di nusgeda. U cristien tira na rräma e si ndinuòggia di saura pi trattinarla. Tira fuòra di la sacòta n fieu di speu abbastänza daungh. Ng’attäcca n chiev ô danc cu n chjiecch di mariner e d’eutr chiev a la zzima di la rräma. Cu n carp di rrai a la ndarriera alibra la pienta chi fea u sa duvarabe U danc arresta appas ieut e ara tantalia cam na pànula. Ma d’am s’abbiea a la ndarriera trapp fart e cascànn saura di na rraca si fo n beu teghj ntesta. La praunta vignura di n dutaur dû paies assistimea li causi; ma u videan si tonn n beu merch a futura memuòria.
Prose extraite de Ámi di carättar
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1. Contraction de duoi ‘deux’; le <i> doit être prononcé.
2. ièutr/a ‘autre’ quand il est précédé de l’article ou d’un pronom personnel il devient: d’èutr, ‘l’autre’; d-di’èutra ‘de l’autre’; n’èutr ‘un autre’.
3. L’âge d’une personne est exprimé au pluriel par: iègn ‘les ans’ (avar assèi iègn ‘avoir beaucoup d’années’, qui après un article déterminatif devient egn (na cinquantina d’egn) s’il est lié à un numéral (cinquant’ègn); au singulier iènn (iènn ‘un an). S’il se réfère à l’année solaire devient änn (d’änn nuov ‘la nouvelle année’, chièv d’änn ‘le premier de l’an’).
4. fecc-a-d’er ‘face au-dessus’; le contraire de fecc-a-buccàuna ‘face en dessous’.
5. et 6. voir note1.
L’arracheur de dents
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es voyages autour du monde m’ont appris que le métier le plus utile parmi tous les métiers est celui de coiffeur. Il y a des coiffeurs pour dames; il y en a qui coiffent hommes et femmes de la même manière, il y en a qui se consacrent spécifiquement aux hommes. Les salons où ils opèrent sont à la portée de toutes les bourses. Les salons pour dames se targuent d’accueillir une clientèle hétérogène, c’est-à-dire qu’ils ne discriminent pas les humbles servantes des vraies dames; l’important étant de payer.
Même aux abords de la forêt tropicale, la boutique du coiffeur est bien signalée: quatre pieux qui soutiennent un toit de palmes, deux troncs pour s’asseoir et tout en haut, un morceau de tôle avec une inscription en anglais: Hairdresser ‘coiffeur’. Vous vous demandez quel type de coiffure pratiquent les coiffeurs de l’Afrique noire. Elle est unique et demande énormément de travail. Les cheveux crépus doivent être d’abord étirés et ensuite entortillés autour d’un grand nombre de supports souples ou arrangés en de multiples petites tresses. Même si on peut contester son titre de coiffeuse dans ces régions, celle-ci ne peut satisfaire plus d’une cliente par jour.
Dans mon village, les coiffeurs s’appellent « barbiers » et leur boutique porte le nom culturellement sérieux de « salon ». Salon, tout court parce que seul les hommes portent la barbe. Aujourd’hui les femmes ont aussi leur salons mais jusqu’il y a un demi siècle, elles avaient l’habitude de se faire deux tresses qu’elles remontaient en couronne au-dessus de la tête à l’aide de pinces.
Aller chez le coiffeur ne signifie pas que se faire couper les cheveux ou se faire faire la barbe mais c’est aussi aller lire une revue ou l’autre, écouter la radio, entendre les dernières nouvelles de la bouche même du coiffeur, toutes les nouvelles y compris celles qui concernent le village et que lui-même tient des autres clients. Il y a des barbiers musiciens et c’est dans son salon que j’ai appris mes premiers accords de guitare. Dans d’autres régions, les coiffeurs pour hommes ont une seconde activité; ils sont tailleurs pour compenser le manque de clientèle dans les périodes creuses de l’année. Mais les coiffeurs et les barbiers ont tous été indistinctement arracheurs de dents, ou, en d’autres mots, ils ont exercé l’art dentaire. Il est évident qu’alors, ils ne volaient pas des clients aux dentistes parce que ceux-ci étaient peu nombreux ou n’existaient pas du tout; Il y avait des chirurgiens mais les gens ne les fréquentaient guère.
Quand j’étais petit, je croyais que le lien entre le dentiste et le barbier était le fauteuil avec des bras et un appuie tête et une tenaille pour procéder à l’extraction des dents. Ce ne fut que plus tard que, revenu d’une visite qui prévoyait l’extraction d’une dent, mon père, pour m’encourager se prit à me raconter deux épisodes étranges. Dans le premier, il était le protagoniste, dans le second, il était l’auditeur d’une vieille connaissance.
Dans le passé, les dents n’étaient pas soignées; c’est la science qui nous a convaincus que les dents devaient être sauvées à tout prix même quand le seul soin adéquat était l’extraction. Pour un dentiste, chaque dent dans la bouche d’une personne a la valeur d’une rente potentielle et il est donc naturel de faire tout son possible pour la conserver. On y ajoutera des motivations esthétiques notamment à propos des dents de sagesse qui servent peu et dont la durée de vie est brève même dans une bouche bien soignée.
Donc, ce jour-là, mon père, est tourmenté par un mal de dent. Il a une molaire avec un trou gros comme une caverne, de laquelle semble vouloir s’échapper sa cervelle. Il avait tout essayé: rinçage de mauve, encens et restes de cigare dans la carie et tout ce que la pharmacopée populaire suggère. Déjà cette dent, en plus d’être définitivement compromise était devenue un tourment. Aller chez le médecin aurait été le juste choix, aller chez le barbier était une alternative, parce que l’aspect financier n’était pas négligeable; le médecin devait être payé sur le champ tandis qu’on pouvait s’arranger avec le barbier à la fin de l’année. Il est logique de penser que ce fauteuil avec des bras et un appuie tête sont vraiment l’instrument adéquat pour extraire les dents. Bien au contraire, il ne sert à rien. Le barbier connaît bien ce genre de client. Il sait qu’extraire une dent, ce n’est pas comme faire une barbe. Il sait que le patient garde toujours en réserve un coup de poing en latence. Dès lors le traitement doit être différent de celui réservé aux clients qui veulent se faire faire la barbe ou qui sont là pour d’autres raisons
Ainsi, ce matin là, mon père se présente au salon. Ses intentions sont claires: s’asseoir sur ce fauteuil. Le barbier a déjà tout deviné lui demande en bavardant s’il était venu pour se faire faire la barbe ou pour d’autres raisons et à peine a-t-il la confirmation qu’il s’agit de dent, il tire d’une armoire une couverture usée qu’il étend promptement par terre et il l’invite à s’étendre sur la couverture. Il prend dans un tiroir une tenaille, la désinfecte avec de l’alcool dénaturé, l’observe en l’ouvrant et la fermant quelque fois pour se faire la main. Puis comme un milan, il fond sur mon père en se mettant à cheval sur son thorax en lui immobilisant même les bras. Il enfonce avec adresse la tenaille dans la bouche et la saisit la dent. D’une main, il lui bloque la tête et de deux coups décisifs, il arrache la dent et satisfait, il la montre ostensiblement comme un trophée attaché à la tenaille avec un morceau de mâchoire. Il se redresse, prend une bouteille de vinaigre qu’il cache derrière un rideau et la tend à mon père encore assommé pour qu’il se rince la bouche. Ici l’histoire devient floue. Mon père prétend qu’il a bu ce vinaigre comme s’il s’agissait d’eau plus que s’il s’agissait de suivre l’ordre que le barbier lui avait intimé.
L’épisode dont je vous ai parlé peut sembler pesant mais ce n’est rien en comparaison des choix que peut faire un homme qui souffre d’un mal de dent. Ceci est arrivé à paysan qui souffrait d’un terrible mal de dent. Un barbier circulait également dans les campagnes. Le lundi était leur jour de fermeture pour les autres clients. Parmi ses outils, il transportait l’habituelle tenaille extractrice de dents. Mais, c’est le mardi que le mal de dent survint à notre ami et le mal se montra intraitable. Après deux jours et deux nuits de chien l’idée lui vient d’opérer seul.
Près de sa maison, il y a une plante qui se développe en buisson, avec de longs rameaux souples et facilement inclinables: c’est un noisetier. L’homme abaisse un rameau et s’agenouille dessus pour le retenir. Il noue sa dent à un bout à l’aide d’un nœud marin et l’autre bout au sommet du rameau. D’un vigoureux coup de reins arrière, il libère la plante qui joue son rôle immédiatement. La dent reste pendue en haut du rameau et oscille comme un pendule. Mais l’homme s’est jeté en arrière avec trop de force et est tombé sur un caillou et s’est provoqué une profonde entaille à la tête. L’intervention rapide d’un médecin du village résoudra l’affaire. Mais le paysan gardera une cicatrice visible dont il se souviendra.
A conclusione dell’esecuzione a Riozzo di Cerro al Lambro (Milano) della Cantata IL BASTONE FIORITO voglio ringraziare e complimentarmi con il M° Pasquale Lino Losito, il Coro Polifonico ”San Riccardo Pampuri” di Peschiera Borromeo e il suo direttore M° Antonio Donnoli, Damiano Pupillo (voce recitante), i cantanti Vittorio Piacentini, Alessandra Amato, Elisabetta Malighetti, gli Albatros Walter e Massimo Viganò, Nico la Notte, Paolo Cattaneo; gli orchestrali Marco Ciceri, Massimo Conca, Dario De Giorgi, Diego Donelli, Simone Incardine, Antonio Neglia, Floriano Siccardi, Flavio Tinini, e Kisito Prinelli (scene, mixer e luci). Un ringraziamento va al Piccolo Coro della Seconda B della Scuola Primaria di Riozzo e alle maestre Daniela e Gina. Un ringraziamento va al Comune di Cerro al Lambro e alla Parrocchia di San Lorenzo di Riozzo. Siete stati tutti straordinari!!!
[pubblicato sul n. 7 di “Pagnocco”, gennaio aprile 2006 – Messina]
I “giudei” di San Fratello: dalla ritualità allo spettacolo.
di Benedetto Di Pietro
0. La ricorrenza della Settimana Santa a San Fratello è un’occasione per assistere alla “Festa dei giudei”. Si tratta di una baraonda paesana che dura tre giorni, dal mercoledì al venerdì, e che vede scorrazzare per le vie del paese individui giovani e giovanissimi che indossano un costume composto da calzoni e giubba, questa finemente lavorata con lustrini, e un cappuccio (sbirijàn) sul quale generalmente è riportato il simbolo della croce sia sulla fronte sia sopra una lunga lingua esterna di cuoio. Il cappuccio finisce a punta, seguendo il dorso, dalla quale si parte una lunga coda animalesca, che arriva fino ai polpacci. Un grappolo di catene (displina) viene portato legato ad un polso. Molti calzano ai piedi scarpette da tennis, altri sono rimasti legati alla tradizione calzando un paio di cioce in pelle grezza di bue, le cosiddette schièrpi di pièu. Oggi tutti sono muniti di tromba a pistone unico; sul capo portano un elmetto, sormontato da un uncino associato ad una “lanterna” rosso-blu da carabiniere, sul quale sono dipinti soggetti dell’attualità, oltre al simbolo della croce.
1. Ipotesi sull’origine.
Si è scritto molto sulla possibile origine della “Festa dei giudei” di San Fratello, facendola risalire alle sacre rappresentazioni medievali, e associandola anche a ciò che è rimasto di feste pagane. Sicuramente la prima ipotesi è vera in quanto le sacre rappresentazioni esistono tuttora e in particolare in Sicilia; mentre la seconda non essendo verificabile, rimane a livello di sola ipotesi.
Mi sono sempre domandato: come mai in altre città durante le rappresentazioni legate alla Settimana santa sono presenti dei figuranti vestiti da soldati dell’antica Roma che accompagnano Cristo al patibolo, come vuole l’iconografia tradizionale, mentre a San Fratello si vorrebbe che i cosiddetti “giudei” siano una variante di tali soldati, vestiti come ho detto più sopra? E che bisogno ci sarebbe di dovere occultare proprio il viso con un cappuccio per giunta disegnato in maniera tale da simulare uno sberleffo? Ai bambini si raccontava che il demonio, con tanto di coda, è di colore rosso, come le fiamme dell’inferno, così pure il monachetto, un folletto che molti vecchi del passato avrebbero giurato di incontrare per le contrade sanfratellane, sarebbe munito di casacca e cappuccio rossi. È così che noi bambini ce li sognavamo. Si tratta dunque di associazioni oniriche legate alla tipizzazione medievale dell’inferno? E poi, cosa c’entrano i giudei se Gesù verso il Calvario fu scortato dai soldati romani? Una serie di domande che poco riscontro hanno con i “giudei” della festa sanfratellana.
Allora cerchiamo di tornare nel Medioevo, per vedere cosa avviene nella Spagna governata dagli Aragonesi. Tra il 1302 e il 1335, a Girona, Barcellona e Valencia, città in cui sono presenti le più importanti comunità ebraiche del Regno di Aragona, hanno luogo atti di violenza a seguito delle celebrazioni del Venerdì santo. Carlo Susa[1] sostiene che
“Secondo alcuni storici il fatto che questi atti di violenza seguissero immediatamente le celebrazioni del venerdì santo in cui i fedeli rivivevano la Passione di Cristo, porta a pensare che la violenza fosse parte integrante del rito. In questo senso i riti della Settimana santa avrebbero codificato una ‘struttura rituale’, in cui i cristiani si rendevano protagonisti di una sorta di ‘semi-linciaggio’ o ‘semi-lapidazione’ per punire i responsabili della morte di Cristo, che avrebbe poi portato alla sistematica colpevolizzazione del popolo ebraico e alle conseguenti esplosioni di violenza contro gli ebrei degli anni successivi.”
Si tratta dei cosiddetti “disordini pasquali” frequenti anche in città italiane e controllati dalle autorità che dispiegavano le forze dell’ordine al fine impedire assalti alle giudecche[2]. Siamo in un periodo in cui, in Europa, gli ebrei sono oggetto di violenze da parte dei cristiani durante le feste natalizie e pasquali, ma anche nel periodo di carnevale e in occasione delle festività mariane. Durante tali ricorrenze si verificano saccheggi, danneggiamenti e in special modo sassaiole contro gli ebrei e i loro beni. Lo storico americano David Niremberg[3] dimostra che tali atti di violenza, diffusi in tutto il territorio iberico, hanno natura rituale e le sassaiole sono parte integrante dei riti del Venerdì santo, quindi anche negli anni precedenti a quelli in cui accaddero i fatti più gravi nelle città menzionate più sopra. Tali sassaiole erano dunque una consuetudine e provocavano danni reali, ma la loro entità era limitata essendo controllata dalle autorità.
Ariel Toaff[4] analizza il fenomeno delle sassaiole pasquali in Italia, dimostrando che il fenomeno era molto diffuso sul territorio italiano e che nello stato pontificio aveva perfino il patrocinio delle autorità:
“Per convogliare la violenza su binari controllabili, rendendola in gran parte inoffensiva, molti comuni italiani avevano scelto di far ricorso alla cosiddetta ‘sassaiola santa’, seguendo un copione preordinato e rigido, che non lasciava spazio alle deleterie improvvisazioni”.
Sappiamo che le Sacre rappresentazioni, in origine spontanee, sono frutto del connubio tra laudi e misteri, e che con esse ha origine il teatro all’interno del rito religioso. Qui la violenza da reale diviene simulata, quindi anche le sassaiole non saranno più fatte con sassi veri, ma con frutta e gli ebrei veri saranno sostituiti da figuranti, i cosiddetti “giudei”.
2. La funzione del cappuccio.
L’uso del cappuccio pare sia nato in Italia intorno al sec. XII ad opera di confraternite di penitenti che, in maniera anonima, durante la Settimana santa giravano flagellandosi con catene in espiazione dei propri peccati. Dall’Italia l’uso del cappuccio arrivò in Spagna, anche qui inizialmente portato dai penitenti, o nazarenos, che precedevano le processioni, ma successivamente venne usato dall’Inquisizione obbligando gruppi di ebrei a indossarlo durante le rappresentazioni della Settimana santa per ridicolizzarli e identificarli come simboli del male. Il cappuccio pertanto adempiva ad una duplice funzione: da una parte mantenere l’anonimato di chi lo indossava e dall’altra permettere al popolo di identificare più facilmente gli indossatori e quindi renderli bersagli più visibili da colpire durante le sassaiole.
Il cappuccio indossato oggi dai “giudei” di San Fratello non dovrebbe essere tanto diverso da quello imposto agli ebrei dall’Inquisizione spagnola. Intanto l’indumento doveva essere brutto da fare ribrezzo e il popolo, nella sua profonda meditazione, doveva vedere nei “giudei” coloro che si erano macchiati di peccati imperdonabili. Inoltre, doveva ostentare un aspetto di scherno, riscontrabile in uno sberleffo, che in maniera esplicita fosse rivolto ai cristiani, un concetto questo affidato alla lingua di cuoio sulla quale è raffigurato il loro simbolo, equivalente quindi a parlar male della croce.
Nel dialetto galloitalico di San Fratello questo indumento è chiamato sbirijàn (pron.: sgb’r’jàn) e deriva probabilmente dal sic. sbiriugnari ‘svergognare’, si tratterebbe quindi di un cappuccio imposto in passato sul capo dei condannati al fine di sottoporli, in maniera anonima, al pubblico ludibrio. Ma con un po’ di fantasia, e con una variazione difficilmente giustificabile dai glottologi, potrebbe derivare anche dalla forma storpiata di spirijàn, che ha radice identica a spièrt (spirito, demonio). Così dovevano apparire alla devozione popolare tali “giudei”, delle emanazioni demoniache da detestare e scacciare.
La funzione dei “giudei” sanfratellani era, e lo è ancora, quella di disturbare la processione del Venerdì santo. Oggi è scomparso ogni comportamento violento, e il popolo accompagna i simulacri della passione di Cristo in devoto raccoglimento. Ma qualcosa di diverso doveva avvenire nei secoli passati, quando detti “giudei” dovevano avere uno spazio assegnato durante l’espletamento del rito ed essere oggetto di una ‘sassaiola’ probabilmente a base di arance, unico frutto del luogo presente nel periodo pasquale. Così il cappuccio poteva avere anche il compito di riparare il viso dagli schizzi degli agrumi.
3. Un comportamento provocatorio e la poca tolleranza delle autorità.
Che in passato sotto lo sbirijan potesse nascondersi qualche malfattore latitante e con l’opportunità del mascheramento fare un giro per salutare i parenti in paese, è un fatto pensabile. Non è però pensabile che tutti gli individui nascosti dal cappuccio fossero dei malfattori. Pertanto la ricorrenza pasquale, specialmente sotto il regime fascista, portava un notevole incremento delle forze dell’ordine, con lo scopo di fermare per accertamenti, un buon numero di figuranti. Questi erano di difficile cattura, in quanto si trattava di individui dal piede leggero, abituati a correre dietro alle greggi e capaci di spiccare salti adusi più a gente del circo che a persone normali. Spesso gli inseguimenti finivano con un nulla di fatto. Le bravate non mancavano, con arrampicamenti sui cornicioni delle case da dove potevano suonare i motivetti imparati dopo mesi di strombazzamenti per le campagne dietro agli animali. Insomma un comportamento provocatorio verso le forze dell’ordine, rafforzato dall’uso di alcolici, più che un disturbo della processione come lo era in origine.
4. Lo spettacolo moderno.
Oggi possiamo notare una trasformazione stilistica della “divisa” dei figuranti. Le originarie casacche sono state sostituite da pregiatissime giubbe attillate e ricamate con lustrini, munite di spalline da divisa di corazziere. Fino alla prima metà del Novecento, l’elmetto era posseduto da pochi individui, peraltro chiamati giurièa märch (giudeo marco) con riferimento al soldato romano Marco Longino che, secondo il Vangelo, conficcò la lancia nel costato di Cristo sulla croce, per finirlo. Si tratta quindi di una variazione rispetto al costume di altri figuranti che in passato dovevano far parte della rappresentazione della Via Crucis. Erano i soldati romani nel loro costume tradizionale e dal quale i “giudei” sanfratellani hanno preso la corazza, sostituendola con la giubba, e l’elmetto, dal quale hanno levato le parti che coprivano le guance. Gli schinieri sono scomparsi e sostituiti da un elaborato paio di ghette. Ai piedi sono calzate delle leggere e semplici scarpette di pelle grezza di bue, allacciate ai polpacci per mezzo di lunghe stringhe, in genere portate dai contadini e pastori.
Oltre alla tromba di tipo militare, di cui oggi sono muniti tutti i figuranti, costituisce parte della dotazione del “giudeo” la cosiddetta “disciplina” che è costituita da un grosso anello al quale risultano assicurate delle maglie di catena interallacciate con monete fuori corso. Un’elegante variazione delle catene con le quali i penitenti del Medioevo usavano flagellarsi.
Una confusione quindi che parte dalla comprensione del vestiario, essendo questo di non facile e sicura provenienza. Ma se volessimo pensare a qualche collegamento con preesistenti sincretismi religiosi, collegati con il mondo pagano, potremmo rimanerne delusi, a meno di non riferirci a quanto di pagano sia rimasto nelle ricorrenze della cristianità.
5. Il fattore ‘turismo’ e le remore.
La “Festa dei giudei” di San Fratello continua a richiamare turisti, e oggi deve essere pensata come rappresentazione folcloristica. La processione del Venerdì santo nel passato era partecipata dal solo popolo sanfratellano e i più vecchi scioglievano voti camminando scalzi, mentre era facile vedere tanti giovani a spalla nuda avvicendarsi sotto la pesante bara del Crocefisso. I “giudei” adempievano la loro funzione per tre giorni e suonavano fino a notte fonda tornando a casa generalmente ubriachi, tranne il Venerdì santo che al rientro in chiesa della processione si ritiravano a casa in buon ordine.
Qualcuno nel passato recente ha pensato che sarebbe giunto il momento di eliminare questa festa perché offensiva per il popolo ebraico. Tantoppiù ora, visto che Papa Giovanni Paolo II ha chiesto scusa, a nome della cristianità, al popolo ebraico per i soprusi perpetrati nel passato a suo danno e in particolare per la falsità dell’accusa di deicidio che nel Medioevo era servita per mandare al rogo tanti ebrei. Della cosa se n’è occupato perfino il “Jerusalem Post”, come scrive il quotidiano “La Sicilia” del 23 marzo 2000, che parla di una nota di protesta presentata al governo italiano da parte del ministro del Turismo di Israele “a causa di ‘manifestazioni antisemite’ che si tengono nel nostro paese e che sono propagandate via Internet. Il riferimento è alla ‘festa dei Giudei’ che si tiene nel paesino siciliano di San Fratello il Giovedì e il Venerdì Santo, una manifestazione di larga risonanza e di antica tradizione di cui si sono occupati anche Sciascia, Pitrè e Buttitta.”
Anche la richiesta di abolizione della “Festa dei giudei” sanfratellana, avanzata da una illustre studiosa italiana di fede ebraica, mi sembra eccessiva. Ci è mai venuto in mente quale potrebbe essere la risposta dei contemporanei a qualche gruppo fondamentalista non importa di quale religione monoteista, che chiedesse di non rappresentare più opere di Sofocle e di Eschilo, perché trattandosi di opere di fede politeista risulterebbero offensive alla propria religione?
Cambiare la denominazione con altra non risolverebbe ciò che i figuranti sanfratellani rappresentano e ciò che il popolo ebraico ha dovuto subire nel corso della sua storia. Direi piuttosto che, nella sua unicità folklorica, tale festa vuole ricordare al mondo fatti che non debbono essere dimenticati, compresa la falsità delle accuse, mosse dalla Chiesa del passato, contro il popolo ebraico. Quindi continui a sopravvivere la “Festa dei giudei” di San Fratello, che nella sua denominazione richiama la festa della Pasqua ebraica, preesistente a quella cristiana.
(Benedetto Di Pietro)
[1] C. Susa in “L’antisemitismo nei riti e nel teatro religioso medievali. Il caso della festa dell’Assunta in Aragona e in Sicilia (Secc. XIV-XV)”
[2] Rioni di città riservati alle comunità ebraiche, in cui vivevano liberamente, praticando il loro culto ed esercitando i loro commerci.
[3] D. Niremberg in “Communities of Violence. Persecution of Minorities in the Middle Ages”, Princeton University Press, 1996.
[4] A. Toaff in “Il vino e la carne. Una comunità ebraica nel Medioevo”, Bologna 1989.
[pubblicato sul n. 4 di “Pagnocco”, gennaio aprile 2005 – Messina]
San Fratello: Fra’ Emanuele da Como, chi era costui?
di Benedetto Di Pietro
Se è vero che negli anni ‘50 del secolo scorso l’Italia del sud ha registrato un esodo di massa, è anche vero che le migrazioni della gente del sud ebbero inizio nella seconda metà del sec. XIX, con l’unificazione dell’Italia. Prima le migrazioni avvenivano in senso inverso: la gente del nord si spostava al sud. La presenza dei dialetti galloitalici nel sud Italia e nelle isole ne sono testimonianza. Sotto il profilo ambientalistico l’area dei Nebrodi, insieme ai Peloritani e alle Madonie, custodisce ancora quanto resta della foresta più antica d’Europa e dobbiamo augurarci che la consapevolezza degli abitanti di queste zone prevalga sulle tentazioni di cercare occasioni di lavoro dietro false e devastanti azioni criminali.
La copiosa arte sacra presente nell’area nebrodense è stata ben evidenziata da molti studiosi e non sono mancate le occasioni per sottoporla all’attenzione della comunità della storia dell’arte. Un’importante rassegna in tale senso è stata realizzata nel 1998 a Tindari dove sono state esposte 150 opere pittoree e scultoree provenienti da 42 comuni della Diocesi di Patti e “appartenenti a otto secoli di storia” che rappresentano “la civiltà dei Nebrodi, espressa dalla chiarità bizantina, dalla linea di Antonello, dall’armonia dei Gagini”. Così si legge nell’Introduzione del bel libro “Arte sacra sui Nebrodi” pubblicato nello stesso anno dalla suddetta Diocesi a cura di Basilio Scalisi e Giovanni Bonanno, e che contiene saggi di valenti scrittori come Melo Freni, Salvatore Di Fazio ed altri, oltre a quelli dei due curatori.
Tra i vari pittori, citati da Salvatore Di Fazio nel saggio “Il tessuto socio-religioso dei Nebrodi”, che hanno lasciato la loro impronta nell’area dei Nebrodi, c’è Fra’ Emanuele da Como. Un nome, questo, che forse poco dirà alla maggioranza dei lettori. Sicuramente gli archivi del Convento di San Fratello dovrebbero avere una sua biografia. Ma temo che, e qui il tempo c’entra poco, tutto sia andato perduto oppure, e me lo auguro, sarà gelosamente conservato. Chi era dunque questo pittore francescano? Facendo un passo indietro bisogna dire che in passato i pittori di grido lavoravano alle corti dei re o al servizio di ricchi committenti, anche religiosi, e si muovevano in base alle loro richieste attraverso i vari stati, ivi compresi quelli che costituivano l’Italia del XVII secolo. Così ci capita di trovare affreschi di uno stesso pittore in chiese o palazzi che si trovano a nord e a sud della nostra penisola. La stessa cosa è avvenuta per i conventi che sebbene non appartenessero alla categoria dei ricchi committenti, hanno potuto permettere la realizzazione di opere pittoriche con fondi propri, oppure grazie al mecenatismo dei fedeli. Quanto agli artisti occorre dire che i Francescani hanno una tradizione già dai tempi del Beato Angelico. In Sicilia poi vantano perfino l’influsso esercitato su Antonello se, come ipotizza Giuseppe Miligi in “Francescanesimo al Femminile” (EDAS, Messina 1993), ha verosimilmente raffigurato nelle sue Annunziate il volto della messinese Santa Eustochia, suora clarissa, ed abbia dato disposizione testamentaria di essere “seppellito nel convento di Santa Maria di Gesù vestito del saio di quei frati”. Dunque il particolarissimo pianeta francescano è costellato di artisti che hanno fatto parte dell’Ordine o sono stati molto vicini alla “spiritualità francescana”. Emanuele da Como era francescano e passò la sua vita operando all’interno delle strutture possedute dall’Ordine. Le notizie in mio possesso sono frammentarie ma sufficienti a ipotizzare i suoi spostamenti attraverso l’Italia e a ricostruire un suo percorso artistico.
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La scheda
- Fra’ Emanuele nasce a Como nel 1625 e gli storiografi continuano a chiamarlo “da Como” perché così si firma nelle sue pitture, tranne una volta, in un quadro del 1670 dove si firma “fratrem Emanuelem de Riva Como”, forse per precisare meglio il luogo di provenienza oppure il nome della sua famiglia, che ci è ancora sconosciuto. “Fin da fanciullo, scrive P.A. Orlandi1, vedendo certi pittori dipingere nel Duomo della sua città, tanto s’innamorò del disegno, che da sé riuscì pittore”. Presto abbraccia l’Ordine Francescano consacrandosi come fratello laico, e a Como lascia una Cena nel Convento di S. Croce, trasferita successivamente nel Seminario Vescovile della stessa città.
- È del 1644 un suo il quadro in rame che rappresenta la visione della regola e situato sull’altare nella cappella di S. Michele Arcangelo a Rieti.
- La sua formazione artistica avviene a Messina intorno al 1655 dove frequenta la bottega di Agostino Scilla. P. B. Bagatti ci fa sapere2 che “Nella metà del sec. XVII Agostino Scilla, pittore e scienziato, aveva aperta a Messina una scuola che in breve tempo divenne non solo fiorente, ma anche la più numerosa di tutte le altre. La frequentarono Giacinto Scilla, fratello di Agostino, Michele Maffei, Cristoforo Lo Monaco, Antonio La Falce, Antonio Madiona, Giuseppe Balestieri e vari altri”. Nel periodo della sua permanenza in Sicilia, Fra’ Emanuele dipinge, a Messina, gli affreschi del chiostro del Convento di S. Maria in Porto Salvo, che ricoperti di calce durante l’alloggiamento delle truppe inglesi agl’inizi del 18003, saranno distrutti insieme al Convento dal terremoto del 1908. Nello stesso periodo esegue gli affreschi del chiostro del Convento francescano di San Fratello, già decadenti nel 19304 ed ora ridotti al lumicino; un trittico che si conserva nella Chiesa maggiore di Enna che raffigura Gesù in croce con Mosè e Geremia e vari misteri del Vecchio Testamento e un quadro con la Madonna degli Angeli che si conserva nella chiesa omonima di Petralia Sottana5.
- Nel 1660 Fra’ Emanuele viene chiamato dai Francescani di Chieri (Torino) per dipingere la pala dell’altare maggiore, dove raffigura la Natività con angeli che annunciano la pace agli uomini di buona volontà.
- Tra il 1660 e il 1663 il pittore si trova ad Assisi dove affresca i pennacchi della cupola grande rappresentandovi i quattro Evangelisti, ma nulla resta a causa delle infiltrazioni d’acqua. Nel 1663 viene ampliata la Cappella del SS. Sacramento della cattedrale di San Rufino della stessa città e l’artista francescano sarà chiamato per dipingere l’Ultima cena, collocata sopra l’organo.
- Ritorna a Dongo (Como) dove dipinge a fresco il chiostro e i corridoi del convento che terminerà nel 1670 e che fra i tanti affreschi di Fra’ Emanuele ancora sono in buono stato.
- Nel periodo 1670-1671 si trova alla Verna per riaffrescare6, insieme con Baccio Maria Bacci, il corridoio che unisce la chiesa delle Stimmate con quella Maggiore. Fra’ Emanuele raffigura gli stessi soggetti del chiostro di Dongo ma di formato più grande ed un numero di scene superiore: 21 quadri di circa 3 metri l’uno, 73 scene di ispirazione storica e leggendaria sulla vita di San Francesco. Dividendo ogni quadro con putti “recanti in mano i cartelli illustrativi formanti come una serie di festoni”7. Purtroppo le intemperie e i successivi restauri approssimativi poco ci hanno tramandato delle pitture originali, infatti tranne due gli altri sono stati sostituiti. All’ingresso delle “Stimmate”, affresca la Madonna della Scala con a lato Santa Chiara e S. Lorenzo; dipinge il quadro di S. Antonio per la Chiesa Maggiore e S. Michele Arcangelo per una cappella della stessa chiesa
- Nel 1672 lo troviamo a Roma, chiamato da P. Patrizio Tjrell guardiano del Convento di S. Isidoro al Pincio, per dipingere l’Aula magna della Scuola francescana fondata da Luke Wadding. Strutturalmente gli afreschi dell’Aula sono così suddivisi: dietro la cattedra, in alto, l’Eterno Padre con la Vergine Immacolata; in basso ai lati: S. Francesco e S. Antonio, più a destra Duns Scoto e sulla parte sinistra S. Bonaventura. Nella parete opposta, la scena del Wadding al lavoro in biblioteca insieme ad alcuni collaboratori, e un frate su una scala intento a prelevare libri dagli scaffali. Sulla parete di sinistra sono affrescati i ritratti di alcuni religiosi intenti a studiare nelle loro celle, mentre sulla parete di destra sono raffigurati alcuni emeriti vescovi irlandesi. Un lungo cartiglio in corrispondenza di ogni personaggio riporta i meriti relativi. Nella chiesa di S. Francesco a Ripa, sede della Provincia francescana, affresca con Santi la volta e i pennacchi della prima cappella di destra.
- Nel periodo 1674-1701 Fra’ Emanuele, seguito da numerosi frati artisti ed artigiani, fa il giro dei Conventi di Roma e dintorni lasciando ovunque quadri ed affreschi. Si notano i quadri di S. Antonio nel Convento di Salivano e in quello di Mentana; in Frascati i Martiri Gorgomiesi; nella chiesa di S. Maria a Poggio di Soriano: la Vergine seduta col Bambino sul ginocchio destro e l’Eterno Padre. Nel 1684 il Card. D’Estrées lo invita a copiare alcuni capolavori di scuola italiana, tra i quali L’ultima Comunione di S. Girolamo del Domenichino, oggi nella Pinacoteca Vaticana.
- Nel 1686 va a Parma dove dipinge il Martirio di S. Placido della chiesa dell’Abbazia di S. Giovanni.
- Altri lavori si trovano nei Conventi della Provincia francescana romana. Nel 1681 dipinge la pala dell’altare dell’infermeria del Convento di San Francesco a Ripa, che raffigura S. Diego mentre unge gli infermi con l’olio della lampada che arde davanti al quadro di Maria Immacolata. Nel 1689 esegue il quadro a olio che raffigura S. Vito Martire ordinatogli da P. Lodovico da Modena, Guardiano del convento, per la chiesa di Artena. L’anno dopo disegna S. Giovanni da Capistrano, inciso poi dal Billj, e dipinge a olio una Cena di Nostro Signore (m. 2 x 3,75) per il Convento di Rocca Antica; il quadro collocato a dimora nel 1692 ora si trova nel Seminario Lateranense. Nello stesso convento esegue una grande tela con S. Francesco e S. Chiara ed angeli.
- Nel 1696 termina la Cena per il Refettorio del Convento di S. Francesco a Ripa. Comincia ad affrescare l’intero chiostro con personaggi illustri dell’Ordine francescano: santi, prelati, artisti, terminando con una grande Crocefissione nella quale sono raffigurati anche martiri francescani. I personaggi sono raggruppati “in base alla dignità e al sapere”. In ogni lunetta viene raffigurata una persona a mezzobusto; negli incroci dei corridoi è riportato un avvenimento storico. I colori: rossi per i cardinali, marrone per i frati, drappi dorati per i grandi del Terz’Ordine. Nella cornice una descrizione particolareggiata illustra i soggetti. L’intera opera è datata 16 giugno 1700.
- Fra’ Emanuele muore a Roma il 18 febbraio 1701, all’età di 76 anni.
Il pittore francescano, avendo fatto voto di povertà, lavorò gratis. Ciò spiega secondo il Bagatti perché nei registri dei vari conventi non si fa menzione ad uscite per la realizzazione delle opere.
Una pittura ingenua (si dia a questo termine il significato di spontaneità) il cui fine è quello di proporre momenti particolari della vita francescana, molto spartana. V’è abbondanza di cartigli (una caratteristica di questo pittore che mi sentirei di definire un anticipatore della grafica fumettistica) entro i quali sono riportati cenni alla vita e alle virtù dei personaggi raffigurati.
La sorte della maggior parte dei suoi affreschi sembra segnata fin dal momento della loro esecuzione: essendo affreschi effettuati su pareti esterne l’azione delle intemperie li ha rovinati.
Le informazioni che abbiamo sull’artista provengono da l’Abecedario pittorico dell’Orlandi e dalla Storia Pittorica dell’Italia del Lanzi (Firenze 1834) e l’unico studio critico di una certa importanza è un articolo del Mauceri contenuto nell’Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler pubblicato nel 1914.
Sotto l’aspetto strutturale, l’artista “rivela una padronanza del disegno e della prospettiva, che conferiscono alle scene movimento e vivacità”. I singoli episodi della vita di S. Francesco trasbordano dalle cornici, ornate con gusto classico, per vivere nei putti e nei corpulenti angeli. Festoni di fiori e di frutta appesi alle cornici e alle volute danno un tocco festoso al tutto.
È necessario fare una distinzione tra l’arte liturgica e quella narrativa, tra le tele a olio e gli affreschi eseguiti dal pittore. Le tele in genere sono destinate a pale di altare, mentre i secondi sono utilizzati per i chiostri o luoghi similari. Nella prima espressione artistica, Fra Emanuele rispetta la tradizione iconografica del suo tempo, popolando i suoi quadri con teste di angeli, nuvole, fondi scuri. Nella seconda è autonomo, specialmente nei ritratti. Usa pennellate larghe e decise, anche se non sempre ottiene l’effetto di rilievo marcato. La tavolozza tende ad una prevalenza di colori freddi.
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1 P.A. Orlandi, Abecedario pittorico, Firenze 1788.
2 Bellarmino Bagatti o.f.m., Fra’ Emanuele da Como – Miscellanea Francescana, Roma 1935, che si rifà a F. Hackert, Memorie dei pittori Messinesi, Napoli 1792.
3 Messina e dintorni, Guida a cura del Municipio, Messina 1902.
4. La notizia la riporta B. Bagatti nel suo libro citato, previa comunicazione del 3 febbraio 1930 da parte dell’arciprete di San Fratello.
5-6 B. Bagatti, op. cit.
7. Il corridoio inizialmente era stato affrescato da un pittore del ‘500, ma i dipinti andarono perduti a causa dell’umidità.
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Purtroppo gli affreschi del Chiostro di San Fratello che raffigurano santi e martiri dell’ordine di S. Francesco, alla data odierna sono quasi inesistenti. Fino agli anni ’50 del secolo scorso la condizione di molti dipinti era ancora accettabile. L’ingresso del chiostro era privo d’infissi ed alcuni locali, situati all’interno dello stesso, erano occupati dalla caserma dei Carabinieri, con relativa camera di sicurezza, dalla banda musicale, dalla confraternita dei “babalucci” che cantavano le laudi durante la processione di Venerdì Santo, da una classe delle scuole elementari, dalla Canonica e dai magazzini dell’olio proveniente dai terreni della chiesa. La situazione negli anni ’60-70 era molto cambiata. I Carabinieri si erano trasferiti in altri locali e nel chiostro si poteva giocare a pallone. Così il danno che non è stato fatto in quasi due secoli è stato fatto in un paio di decenni, e non certo per colpa soltanto delle intemperie. Come si suol dire “scappati i buoi si chiudono le stalle” e, meglio tardi che mai, negli ultimi anni del 1900 si è proceduto ad un restauro conservativo, quasi impossibile, e a mettere un cancello all’ingresso. Sarà così possibile vedere ciò che è rimasto, ma sicuramente d’interesse per la storia della pittura “francescana” e per un raffronto con quanto a San Fratello potesse essere visto in opposizione alla sontuosità barocca della chiesa di San Nicola di Bari, ora demolita e ricostruita in altro sito del paese. Opposizione proverbiale che divise per secoli i fedeli appartenenti alla Chiesa Matrice, demolita dalla frana del 1922, sotto la cui giurisdizione era il Convento, e i “santanicolesi”. Un contrasto che non doveva essere del tutto estraneo, almeno in principio, a quanto propugnato dalla Controriforma, proclamata dal Concilio di Trento del 1563, a seguito della quale le arti si posero come uno strumento efficace per ostentare la supremazia spirituale della Chiesa nei confronti del Protestantesimo. Anche San Fratello ha avuto la sua parte: una chiesa, quella di San Nicola, ricca di stucchi e ori, e il chiostro del Convento affrescato da frate Emanuele con figure sobrie ed essenziali, ma ricco di spiritualità. Un pretesto valido per dividere il popolo in due opposti schieramenti – una consuetudine finita con l’avvento del Fascismo – e rivendicare vicendevolmente e spesso in maniera violenta il possesso dei simulacri durante le processioni. È eloquente ciò che si narra a proposito della festa di San Francesco, soppressa durante il periodo fascista per ragioni di sicurezza. Il comandante della locale stazione dei Carabinieri, tale maresciallo Francesco Sgarlata, al rientro della processione finita, ancora una volta, in rissa nella centralissima contrada “Portella”, ebbe a dire rivolgendosi alla statua del santo: “Francesco! Com’è vero che io mi chiamo Francesco, finché resterò a San Fratello, tu non uscirai più di chiesa!” E così avvenne anche dopo il trasferimento del sott’ufficiale promosso al grado superiore.
(Benedetto Di Pietro)
Col patrocinio dell’Assessorato alla Cultura e Politiche giovanili del Comune di Tavazzano con Villavesco (Lodi) sarà eseguita la Cantata ad oratorio “Il bastone fiorito”, testi di Benedetto Di Pietro e musiche di Pasquale Losito.
Il concerto avrà luogo nella chiesa della Parrocchia San Giovanni Battista di Tavazzano, giorno 15 dicembre 2010, alle ore 21.00.
INGRESSO LIBERO
Personaggi e interpreti
HISTORICUS: Barbara Di Sotto
GIUSEPPE: Vittorio Piacentini
MARIA: Alessandra Amato
ZELOMI: Elisabetta Malighetti
PASTORI: Gli “Albatros” - Massimo e Walter Viganò
RE MAGI: Nico La Notte e Paolo Cattaneo.
Il Coro Polifonico “San Riccardo Pampuri” di Peschiera Borromeo (Milano) è diretto dal M° Antonio Donnoli.
La Formazione Strumentale è composta da:
Marco Ciceri (chitarra)
Massimo Conca (sax)
Dario De Giorgi (clarino)
Diego Donelli (tastiere)
Simone Incardine (tromba)
Antonio Neglia (percussioni - effetti sonori)
Davide Scipioni (chitarra)
Floriano Siccardi (tastiere)
Flavio Tinini (basso)
I Pannelli scenografici sono di Kisito Prinelli
Presentazione di Damiano Pupillo
Dirige il maestro compositore e concertatore Pasquale (Lino) Losito.
Il concerto viene sponsorizzato dall’Amministrazione Comunale di Cerro al Lambro ed avrà luogo l’8 dicembre 2010, alle ore 21, nella Chiesa Parrocchiale di Riozzo di Cerro al Lambro (Milano).
Ecco gli esecutori solisti:
Barbara Di Sotto (Historicus)
Vittorio Piacentini (Giuseppe)
Alessandra Amato (Maria)
Elisabetta Malighetti (Zelomi)
“Albatros” – Massimo e Walter Viganò (Pastori)
Nico La Notte e Paolo Cattaneo (Re Magi)
Coro Polifonico “San Riccardo” di Peschiera Borromeo (Milano) diretto dal M° Antonio Donnoli
Piccolo Coro della Scuola Primaria di Cerro al Lambro, preparato dall’insegnante Daniela Cicala.
Voce di collegamento: Damiano Pupillo
La formazione strumentale è composta da:
Marco Ciceri (chitarra)
Massimo Conca (sax)
Dario De Giorgi (clarino)
Diego Donelli (tastiere)
Simone Incardine (tromba)
Antonio Neglia (percussioni - effetti sonori)
Davide Scipioni (chitarra)
Floriano Siccardi (tastiere)
Flavio Tinini (basso)
Pannelli scenografici di Kisito Prinelli
Dirige il maestro compositore e concertatore Pasquale Losito.
L’Assessorato alla Cultura di Lodi invita alla presentazione del romanzo che avrà luogo a LODI, in Broletto, Sala della Pace l’8.10.2010 alle ore 16.
CHI ERMU E CHI SUOMA
(Percorso tragicomico di vincitori e vinti nel dialetto
galloitalico di San Fratello (Me).
[tratto da "U scutulan di la Rraca" ( Montedit, Melegnano 2000)]
.
Passuòma u tamp zzircann nta li sciachièzzi di li muri
pi vrar se ghj fuss cherca pruòva ch fasgiòss capìr
di ana arrivèan i Sanfrardèi,
cherca manijèra, cherca firma d’u tamp.
Nant di nant. 5
I Sanfrardèi vonu d’u nant.
N bel giuòrn, dipuòi di la cazzära di ghj’Ièrab,
nta la Siciglia s’apprisintèan zzert pirsunègg
c’u fini precis di pighjer pussèss
di un d’i past i cchjù strèi di ’st màun: San Frarèu. 10
Prima ni ghj’era nant, dièssu i duturuòi.
Cuscì i Sanfrardèi s’avossu mpussissèa
di n paiès chi ni n ghj’era mèanch sàura di la chièrta
e u battizèan “Terra d’i Frèi Sänt”.
Ni n ghj’era nant e gièa i Trai Sänt avàiu u cuvant 15
e l terri e vist chi d’i Sänt sau Frarèu
avàia dicirì d’affirmers a càu past,
pi la divuzziàn di la sàua prisanza, quodda advintèa
la terra d’u Sänt Frèa Frarèu.
Ana arrivävu ghj mittàiu u nam ô past: 20
u Castidèr, la Mpèria, u Marchisèu, la Saunera;
disgiàiu ch eru i stisc d’i past ch’avaiu dascièa.
Quänn arrivèan ô biviji di Mascalìan
i nuov abitänt u nam n’u capìan
e ghj’arsuvònn chi era u chièus 25
di cangers li pidizzi cam a cardver
pi fer la trasura ntô paiès cu li mèscari ,
sunann e abalann.
I vistimant cardvaròsch eru i scapucc p’i chièv a cavèu;
u papul era n chièuzzi di tala e camisgia 30
cu li tirdanti saura di la späda, capièi di peghja
fecc mascariera e àutr di vìan.
Pi divuzziàn, a Parta Antièga dascièn li carani
e dritt dritt arrivèan a Rracalaviera
ana s’arpussèan e adicirìan 35
chi di ddèa ni si sgimuvàiu cchjù.
Ô Bänn fon la divisiàn di li cunträri:
quodda di nsùsa e quodda di ngiùsa,
n muòru di pulàr arriclamer la prupritèa
di cherch sänt 40
ogni vàuta ch s’avoss a fätt na festa.
I Sanfrardèi ni avàiu bisagn di scrivr:
pi roi scrivivu i patruòi
ch pardävu a la “tänu” e scrivivu n datìan
pircò eru ntilgiànt. 45
Nvec u papul era gnuränt
e pardäva sau u sanfrardèan
gièach a ràu u datìan ni ghj’agiuväva
e savàia ch’i scech se ni hièan la sai ni bavu
mèanch se i nviru a bavr cu li pirsuativi. 50
Dan Frareu Monedu pi fer na càusa bàuna
p’i suoi paisèi scrivì na bedda stuòria;
na stuòria dàngua cam la fäm, sàura d’i Trai Sänt,
dàudisg capitul tucc scritt n datìan,
ma i suòrc ghj dascìan sau cherca fuoghja 55
pircò i Sanfrardèi n’u capìan.
Puru Dan Luigi Vasi si dott da fer
zzircann di truvèr li rrärghi sanfrardèuni
e prima si fo n gir nta l’Emilia
apuòi s’affirmèa ntô Piemaunt. 60
Ma i Sanfrardèi son antiègh
cam li rrachi e li ginèstri di la Siciglia,
sèan parder li dàngui di mez màun
e son capèc di fer crar che vonu di ièutr bäni.
Canuòsciu d’èart d’attachèr i nzitt e i frustièr 65
fina chi roi ni dèsciu u sarvègg
e si pighju u savàur d’u past.
Cuscì a San Frarèu ogni càusa è viva,
puru i bèanch s’arvòghju pi la festa d’i dimàuni,
pircò tutt anèsc ntô fàun di la terra, 70
tutt anièga ntê sciùm sfunèi
ch’ogni vàuta si partu u paiès a spassièr
a vaduòi vaduòi, sparpaghjànlu a mudich mudichi
pircò s’avòss a pèrdir la räzza
di na giant superba, cun ghj’uògg blu 75
e i cavài ndurèi, chi ièa la cuòrpa di sàntirs sàula.
I Sanfrardèi vonu di la Vèu d’i Dmàuni
e i giurièi di la festa di Pesqua spuntèan
cam li vìsciari di la terra.
Li maièri u vàiu dit: n giuòrn d’èua 80
si ièa a purtèr u Vadàn di la Vèu;
ma la sintànza fu pièi p’rcò la davèanca
arbànn i catarrätt e i samuòrch di li crièsgi
si purtèa u Cìan di la Vèu chi era ô centr d’u paiès.
La frèuna sluggièa i suoi abtänt 85
manànghji a svirnèr nta li barrächi di la Marina
a mbastardirs cui marränu,
accuscì li fomni sanfrardèuni
ni ièvu cchjù virgagna di mardèrs cui frustièr.
Era u 1950 e cherca rrädiu si suntiva 90
puru a San Frarèu, ma li mächni parlänt li usävu
ntê rrarutu a Cardvèr e li mazurki s’abalävu
giriànn c’u bo’ fina a stramazzer nterra.
Puòi ntô paiès arrivèa la televisiàn;
la giànt acumunzèa la sara a ardùgirs nta li cattàlchi 95
pircò u televisàur u avàiu sàu ddèa;
li pirsàuni s’acciantävu davänt d’u vitr parlänt
e ni pulàia parder cchjù nudd. U làppiji di la televisiàn
adijeva la giant e la fasgiàia cascher maläta
nta la buòcca di d’ärma. 100
E ddèa acumunzèa la vuntura d’u prugrèss
e u schièppa schièppa vers paisg duntèan,
tucc spersc p’u màun antucc cu li vecchji momi
che si nciuròn nta li chièsi giuòrn e nuòtt
aspitànn di pulàr turnèr arrièr a d’àumbra di la Rraca. 105
Pachi si nturnèan pircò ni ghj currò l’äria;
ma tänti adicirìan di ni turnèr cchjù
pi la virgàgna ch’apruvèan quänn si ng’anèan.
I Sanfrardèi, lumbèard di la Siciglia,
frustièr n Siciglia e frustièr n Lumbardia, 110
capìan chi l’unica càusa chi ghj’apartièn è na dàngua
scanusciùra ai Siciglièi e scanusciura ai Lumbèard.
Nièv d’i truvaràur pruvinzèi,
na vàuta girijèn i paìsg d’u Sud
giublànn i cavalièr nurmänd 115
chi ghj dottu dignitèa a la giànt;
ara vèan girijànn i paìsg d’u Nord
cuntànn li valuntozzi d’i cavalier di la Siciglia
ch’ubblijèn i Siciglièi a scappèrsnu duntèan
pi pulàrs sarvèr la dignitèa di ami. 120
.
CHI ERAVAMO E CHI SIAMO
Passiamo il tempo cercando tra le fessure dei muri
per vedere se c’è qualche prova che faccia capire
da dove sono arrivati i Sanfratellani,
qualche indizio, qualche firma del tempo.
Niente di niente. 5
I Sanfratellani sono venuti dal nulla.
Un bel giorno, dopo la cacciata degli Arabi,
in Sicilia si sono presentati degli individui
col preciso scopo di prendere possesso
di uno dei siti più strani di questo mondo: San Fratello. 10
Prima non c’era niente, hanno detto i sapientoni.
Così i Sanfratellani si sarebbero impossessati
di un paese che non c’era manco sulla carta
e lo battezzarono “Terra dei Santi Fratelli”.
Non c’era niente e già i Tre Santi(1) avevano il monastero 15
e i terreni e visto che dei Santi solo Filadelfo
aveva deciso di restare in quel posto.
in onore della sua presenza, quella divenne
la terra del Santo Fratello Filadelfo.
Dove arrivavano davano il nome al posto: 20
il Castellaro, la Imperia, il Marchesato, la Savonara(2)
dicevano che erano gli stessi dei luoghi lasciati.
Quando arrivarono al bivio di Mascalino(3)
i nuovi abitanti non capirono il nome
e gli sovvenne che era il caso 25
di cambiarsi d’abito come a carnevale
per fare l’entrata in paese in maschera
suonando e ballando.
Gli abiti carnascialeschi erano palandrane per i capi a cavallo
il popolo era in mutandoni e camicia, 30
coi forconi in spalla, cappelli di paglia
faccia sporca e otri di vino.
Per devozione, a Porta Antica(2) deposero le catene
e dritti dritti arrivarono a Roccalavera(2)
dove si riposarono e decisero 35
che da lì non si sarebbero più mossi.
Al Bando(2) fecero la suddivisione delle contrade:
quella di sopra e quella di sotto,
così da potere rivendicare la proprietà
di qualche santo 40
ogni volta che si sarebbe fatta una festa.
I Sanfratellani non avevano bisogno di scrivere:
per loro scrivevano i padroni
che parlavano alla “tannu”(4)e scrivevano in latino
perché erano intelligenti. 45
Invece il popolo era ignorante
e parlava solo in sanfratellano
poiché il latino non gli serviva
e sapeva che gli asini se non hanno sete non bevono
neanche se invitati con persuasione. 50
Così Don Francesco Mondello(5) per fare cosa buona
per i suoi concittadini scrisse una bella storia;
una storia lunga come la fame, sui Tre Santi,
in dodici capitoli tutti scritti in latino,
ma i topi gli lasciarono solo qualche pagina 55
poiché il latino non lo capivano.
Anche Don Luigi Vasi(6) si è dato da fare
cercando di trovare le radici sanfratellane
e prima s’è fatto un giro in Emilia,
poi s’è fermato in Piemonte. 60
Ma i Sanfratellani sono antichi
come i sassi e le ginestre della Sicilia,
sanno parlare le lingue di mezzo mondo
e sono capaci di far credere che sono venuti da altri siti.
Conoscono l’arte di legare gli innesti e i forestieri 65
finché questi non lasciano il selvatico
e prendono il sapore del luogo.
Così a San Fratello ogni cosa è viva,
anche i sassi si svegliano per la festa dei demoni(7),
perché tutto nasce nel profondo della terra, 70
tutto annega nei fiumi senza fondo
che ogni volta si portano giù il paese
per la valle, disperdendolo a pezzi
perché si deve perdere la razza
di una gente superba, con gli occhi blu 75
e i capelli dorati, che ha la colpa di sentirsi sola.
I Sanfratellani sono venuti dalla Valle dei Demoni(8)
e i giudei della festa di Pasqua sono venuti fuori
come i lombrichi della terra.
Le megere lo avevano detto: un giorno 80
l’acqua si porterà il Vallone della Valle(2);
ma la sentenza fu peggiore perché la frana
aprendo le cateratte e i sepolcri delle chiese
si portò il Piano della Valle(9) che era nel centro del paese.
Così la frana sloggiò i suoi abitanti 85
mandandoli a svernare nelle baracche della Marina(10)
a imbastardirsi coi marrani(11),
così le ragazze sanfratellane
non ebbero più vergogna di sposarsi coi forestieri.
Era il 1950 e qualche radio si sentiva 90
anche a San Fratello, ma le macchine parlanti(12) le usavano
nelle sale da ballo a Carnevale e le mazurke si ballavano
girando veloci fino a stramazzare per terra.
Poi nel paese arrivò la televisione
e la gente cominciò a radunarsi nelle cattoliche(13) 95
perché il televisore c’era solo lì;
ci si piantava davanti al vetro parlante(14)
e non poteva parlare più nessuno. L’oppio della televisione
incantava la gente e la rendeva ammalata
nella bocca dell’anima(15). 100
E lì cominciò l’avventura del progresso
e il fuggifuggi verso paesi lontani
tutti dispersi per il mondo insieme alle vecchie madri
che si chiusero nelle case giorno e notte
in attesa di poter tornare ancora all’ombra della Rocca(16). 105
Poche sono tornate perché non le correva l’aria;
ma tante hanno deciso di non tornare più
per la vergogna che provarono quando se ne andarono.
I Sanfratellani, lombardi di Sicilia,
forestieri in Sicilia e forestieri in Lombardia, 110
hanno capito che l’unica cosa che gli appartiene è una lingua
sconosciuta ai Siciliani e sconosciuta ai Lombardi.
Nipoti dei trovatori provenzali,
girarono i paesi del Sud
giubilando i cavalieri normanni 115
che diedero dignità alla gente;
ora vanno in giro per i paesi del Nord
raccontando le gesta dei cavalieri(17) della Sicilia
che hanno obbligato i Siciliani ad andare lontano
per poter salvare la dignità di uomini. 120
Note:
(1) I santi fratelli Alfio, Filadelfio e Cirino erano di Vaste, in Puglia, e furono martirizzati a Lentini nel 252 sotto la persecuzione di Tertullo.
(2) Contrade del comune di S. Fratello.
(3) Mascalino è una mia ipotesi sull’origine del nome Mascherino (in dialetto Mascarìan), una contrada di S. Fratello. Il termine greco doveva indicare un bivio verso l’antica città greca.
(4) Parlare alla tannu (in siciliano ‘allora’): denota la gente di idioma diverso dal sanfratellano. In genere indica chi vuole distinguersi dal volgo.
(5) Sacerdote vissuto nella prima metà del secolo XVIII, autore di “Alontiados” in cui narra le gesta dei Tre Santi. (cfr. L.Vasi in Origini e Vicende di S. Fratello, Palermo, 1882)
(6) Sacerdote vissuto nell’800, autore degli studi filologici ed altri su S.Fratello.
(7) La Festa dei Giudei è stata definita da alcuni “La festa dei diavoli”.
(8) E’ una storpiatura di Val Demone, una delle suddivisioni della Sicilia antica, insieme con Val di Noto e Val di Mazzara.
(9) Era il centro del paese di S. Fratello che fu distrutto dalla frana del 1922.
(10) Il paese di Acquedolci, ora comune autonomo, sorse a seguito della frana che colpì S. Fratello nel 1922.
(11) E’ uno spregiativo, col quale i sanfratellani indicavano quelli dei paesi vicini, legato alla denominazione data agli ebrei convertiti al cristianesimo.
(12) La macchina parlante è il grammofono.
(13) Sale parrocchiali.
(14) Apparecchio televisivo.
(15) Il petto era considerato sede dell’anima.
(16) Roccaforte, simbolo di S. Fratello.
(17) Maggiorenti
.
Note sulla fonetica
La pronuncia delle vocali e consonanti segue la regola della lingua italiana, ad eccezione di quanto segue:
<ä> Palatalizzata (ingl.: that, bad), porta sempre l’accento tonico, anche se non espresso (pätri ‘padre’, quänn ‘quando’, nicissäriji ‘necessario/i’).
<i> Va pronunciata come in italiano se fa parte di gruppi vocalici o porta l’accento tonico (fìssa ‘fesso’, durdìi ‘sporcizie’, antiegh ‘antico’ carusgì ‘ragazzi’); oppure se è finale di parola al plurale femminile: (famighji ‘famiglie’, àuri ‘ore’, caràusi ‘ragazze’) o di aggettivo sostantivato plurale femminile, (la cchjù bedda di tutti ‘la più bella di tutte’) e nei monosillabi chi ‘chi (pron. relativo soggetto)’, di ‘due’ (contrazione), negli aggettivi mi, ti, si ‘mio, tuo, suo’.
Nelle particelle pronominali mi ‘meli’ e i ‘li’ precedute da verbo la <i> finale va pronunciata: es. dami ‘datemeli’, faghji ‘fateli’. Negli altri casi, se non è tonica, la <i> è muta (chi ‘che cosa’, mi ‘mi’, ni ‘non, né’, pi ‘per’, li ‘le (art.)’, filièria ‘fila’, caminer ‘camminare’ zzonir ‘cenere’).
<c/cc> Affricata mediopalatale sorda (ital.: cibo, pace, caccia); segue la regola italiana: ca, co, cu oppure ce, ci, c (come nel lombardo tucc ‘tutti’)
<ch/cch> Occlusiva velare sorda (ital.: chilo, occhi).
<chj/cchj> Affricata postpalatale sorda (ital.: chiodo, chiurlo).
<d/dd> È sempre occlusiva cacuminale sonora (sicil.: beddu).
<dr> Affricata alveolare sonora (draunera ‘tromba marina’, dritt ‘diritto’).
<ghj> Affricata postpalatale sonora (sicil.: famighja).
<g/gh> La <g> davanti alle vocali [a], [o] ed [u] e la <gh> davanti ad ‘[i] ed [e] ha una pronuncia occlusiva velare sonora (assiguter ‘rincorrere’, fataga ‘fatica’, màunigh ‘monaco’, sdungher ‘allungare’).
<g> È affricata mediopalatale sonora se davanti a [i] ed [e] (giant ‘gente’, arrager ‘arrabbiare’).
<n> Ha suono nasale nelle sillabe in cui è preceduta da vocale, anche se questa è scomparsa nelle iniziali di parola (n ‘uno (art. ind.), ne (part. pron.)’, nduter ‘dotare’, nvern ‘inverno’, son ‘sono (v. 3^ pl.)’, dangua ‘lingua’). Nel caso specifico del monosillabo <n>, sia articolo indeterminativo ‘un, uno’ sia particella pronominale ‘ne’, ha pronuncia nasalizzata [ũ] in cui la /u/ è caduta.
Deve essere pronunciata come in italiano quando fa parte di una sillaba nella quale è seguita da vocale (aner ‘andare’, nav ‘neve’; ni ‘non’ [con <i> muta ]). Quando <n> (articolo o preposizione) precede una parola che inizia per <i> si palatalizza in <gn>. Così: cun iea ‘con me’, n ieu ‘un gallo’ si pronunciano cugn-iea e gn-ieu. Davanti ad [a], [e], [o], [uà], [u] e [uò] la <n> si pronuncia <ngh>: n arb = ngh-arb ‘un cieco’; n erbu = ngh-erbu ‘un albero’; n uazzieu = ngh-uazzieu ‘un uccello’; cun uoi = cungh-uoi ‘con Lei’; cun un = cungh-un ‘con uno’. La <n> si pronuncia <m> davanti alle labiali: così n bäsi ‘in base’ = m-bäsi, n pogn ‘una pigna’ = m-pogn.
<nn> L’uso di <nn> è limitato ai gerundi e negli altri casi in cui si vuole evitare la nasalizzazione (anann ‘andando, quänn ‘quando’, affänn ‘affanno’)
<r> Vibrante alveolare (ràu ‘lui’, roda ‘ella’, caraus ‘ragazzo’). Si può trovare in sia iniziale di parola (rau, roda, roi/rodi ‘egli, ella, loro’) sia all’interno della parola (rruora ‘ruota’, muoru ‘modo’, ecc.).
<rr> Vibrante dentale sorda (rràu ‘origano’, Rruoma ‘Roma’, ferr ‘ferro’, arranzirì ‘arrugginito’, rraù ‘ragù, rroda ‘fredda, stecchita’).
<s> Indica la fricativa alveolare sonora (ital.: rosa ) quando si trova in posizione intervocalica (rruosa ‘rosa’, ) o finale (caraus ‘ragazzo’). Ha pronuncia fricativa alveolare sorda se si trova in posizione iniziale davanti a vocale (sänt ‘santo’, suner ‘suonare’).
<ss> Indica la sibilante dentale sorda (quoss ‘codesto’, sfassessa ‘dilapidatrice’).
<sg> Indica il suono fricativo mediopalatale sonoro davanti alle vocali [i], ed [e] o in posizione finale di parola (cusgina ‘cugina’, basger ‘baciare’, dusg ‘fuoco’). La scrittura diventa <sgi> quando precede le vocali [a], [o] e [u] (stasgian ‘stagione’, plasgiò ‘piacque’, sfasgiunèa ‘sfaccendato’).
<s+cons.> Davanti alle consonanti [c], [f], [p] e [t] la <s-> si realizza sempre col suono <sc> fricativo mediopalatale sordo (ital.: scemo): studier, sfascer, scarper, spaghjer. Davanti a [b], [d], [g], [m], [n], [r] e [v] si pronuncia <sg>: col suono fricativo mediopalatale sonoro: sbaghjer ‘sbagliare’, sdungher ‘allungare’, sgarger ‘sgolare’, smuòviri ‘muovere’, snirver ‘snervare’, svinter ‘sventare’.
<str> Fricativa prepalatale sorda (strùmula ‘trottola’).
<tr/ttr> Affricata prepalatale (pätri ‘padre’, quättr ‘quattro’).
<z/zz> Affricata dentale sonora (mez ‘mezzo’, zinzeuna ‘zanzara’) e sorda (mäzz ‘mazzo’, zzièu ‘zio, cielo’, zzucch ‘tronco’, azzufer ‘litigare’).
Segnaccento: di solito segue la regola dell’italiano. Se non diversamente indicato, nei dittonghi <ai> <au> <ea> <eu> l’accento cade sulla prima vocale: fài ‘fieno, fate (verbo)’, micaràur ‘fazzoletto’, abarèan ‘badarono’, zzièu ‘zio’, èua ‘acqua’, parch-spìan ‘istrice’; ma baùl ‘baule’, spijàn ‘spione’, spiànn ‘chiedendo’. Mentre in <uo> e <ia> cade sulla seconda vocale: nfuòrra ‘fodera’, nciànta ‘incinta’. Viene sempre segnato quando cade sulla terz’ultima sillaba.
L’accento circonflesso indica la coalescenza (o contrazione) tra vocali, com’è il caso delle preposizioni ê ‘ai, agli’, ô ‘al, allo’, ntê ‘nei, negli’, ntô ‘nel, nello’, faghjî ‘fateglieli’, ecc.
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Arriva u Dnareu
Li nausg e d’eutra frutta socca arcughjira nta la Stasgian avaiu a èssiri munäri di li scarzi e atturräri ô paunt giust. Li fieji socchi avaiu a èssiri zzirnuri cun cura e mnuzzäri fini fini. U vian cuott chi s’avaia priparea quänn era u sa tamp fann buòghjiri trai litr di muost, fina a ferlu scunchjir a n terz, era ancara beu ammucciea, pirco la nascia näna savaia chi nieucc carusgi n’avimu u cumpart d’aspiter e arzijeva di fer u dauzz di Dnareu sanza u vian cuott, ch’era u matarieu quäsi ndispinsäbu pi chi n’avaia mieu o zzucar bunänt. La simeuna prima di Dnareu nta tutt li famighji cumunzäva la grean fataga dû dauzz u cchjù cumplichiea di tutt d’än: u cciamävu “cud’ran” e era n miscuteu cian di mpest chi vniva fätt cu la rraba chi vi disc, aggiungiànnighji tantian di caneda e trai ciai di garafu.
Nieucc carusginì avimu na fart aspitativa: Dnareu è la festa dû Bambnian e bisagna fer tutt cau chi e nicissäriji pi la priparazian di d’ärma: quindi pi quänt e pisänt sùsirsi manàu a la mattina p’aner a la crièsgia a la nuvena, vien accittea vluntieri e cu na zzerta mpurtänza di chi si vau sàntiri gränn. Riturnämu a li nasci chiesi chi era giuorn e a strära strära cantämu li canzunini ch’avimu cantea prima nta la criesgia. M’aspitäva na bedda täzza di dätt e cafè.
La vigiglia di Dnareu anämu a la mossa di mezanuott. Nta la crièsgia cumunzävu i uei: chi s’avaia purtea da ncasaua na siegia, ghjila fasgiaia a assitersi; ghj’ieucc artävu a la dritta. Cun quossa dispusizian s’avaia arnièsciri a vrar la nèscita dû Bambinian. Dich “s’avaia” pircò quoda nuott puru i sanza Diea, i rrinijiei, e chi cchjù ngh’iea cchjù n mott, anävu a la criesgia e quänn era u mumant dû «Gloria in Excelsis Deo» s’avvirfichieva u miräcul: si surduväva na tana e s’apprisintäva n prisèpiji cui pirsunegg greng cam se fussu veru, chi dan Toto “ugian”(1), u pararaur di tutt li festi, i avaia fätt chi paraiu viv. Ara u fätt è chi cau mumant u canuscimu tucc e cuscì tantinian prima mi susimu tucc a la dritta; quoi chi eru ô faun di la criesgia acchjanävu saura di li siegi e cuscì ghj’urtim pulaiu vrar sau li späddi beddi mbutiri di quoi chi stasgiaiu davänt. Fniva sampr a scierrî e munäzzi. Pi quoda pararura dû prisèpiji, la cchjussei peart dî prisant ni participäva a la mossa. La Rigina, San Giusepp e u Bambinian eru fuora discussian; ma ghj’ieucc pirsunegg vnivu taliei cun attenzian; i custum chi tucc ghj’iegn eru fätt di rrabi divarizzi, li fecc, i gest. Aramei la divuzian dû papul i canusciaia a tucc e i avaia fätt advinter sänt. Cuscì San Zagaria purtäva li dogni, Santa Prìcita avaia n canostr di arengi ntesta, San Crispian cu la saua banchitta di scarper stasgiaia fann n per di sänuli pi San Giusepp chi s’avaia ardugì schieuzz a furia di camner a pè darrier dû scecch, e cuscì via.
Ma u papul ni s’affirmäva ddea: cuscì cau ienn u purtaraur di dogni arsumighjieva precis ô sanagh dû paies, nvec u piscaraur avaia tucc i fazzum dû pätri dû spizzijieu.
A nieucc cchjù chjinì ghj’era n pirsunegg chi mi manäva a li cilestri: era cau Bambinian, ntô mezz di n bà e di n sciaccardian, chi ghji nisciva cuntuntozza di tutt bäni. L’unich pirsunegg dû prisèpiji chi n’avaia tänt secut era un dî re Magi chi purtäva la mirra. L’unica saua cuorpa era quoda chi nudd savaia sach era u sa rijiel.
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1) ugìan ‘occhino’, soprannome di persona derivato dalla cosiddetta “caramella”, usata nel suo lavoro di orologiaio. Esiste anche ugialian ‘occhialino’ e ugiott ‘asola’.
Arriva Natale
Le noci e l’altra frutta secca raccolta durante il periodo estivo dovevano essere ripulite della parte legnosa e tostate al punto giusto. I fichi secchi dovevano essere scelti con cura e tagliati a pezzetti. Il vin cotto, che si era preparato a tempo debito facendo bollire tre litri di mosto fino a ridurlo ad un terzo, era ancora nascosto con cura perché la nonna sapeva che a noi bambini piaceva molto e rischiava di fare il dolce di Natale senza tale ingrediente, quasi indispensabile per chi non disponeva di miele o di zucchero in abbondanza.
La settimana che precedeva Natale in tutte le famiglie cominciava il grande lavoro del dolce più complicato dell’anno: lo chiamavano «cudduruni» ed era una ciambella ripiena dell’impasto che veniva fatto con gli ingredienti di cui vi ho detto, a cui veniva aggiunto un po’ di cannella e tre chiodi di garofano.
In noi bambini c’era una grande attesa: Natale è la festa di un bambino e non si deve mancare a tutto ciò che la preparazione spirituale comporta: quindi pur duro che sia doversi alzare presto il mattino per andare in chiesa alla novena di Natale, è accettato con amore e col piglio di chi vuole sentirsi grande. Il ritorno a casa avveniva che era giorno e per le strade seguitavamo a cantare le canzoncine che avevamo cantato prima in chiesa. Ci attendeva una ricca colazione.
La vigilia di Natale si andava a messa di mezzanotte. In chiesa cominciavano i problemi: chi s’era portata una sedia da casa propria riusciva a sedersi; gli altri dietro in piedi. Con questa disposizione si sarebbe riusciti a vedere la scena della nascita del Bambinello. Dico “si sarebbe” perché quella notte anche gli atei, i rinnegati, gli apostati, e chi più ne ha più ne metta, andavano in chiesa e quando era il momento del «Gloria in excelsis Deo» avveniva il miracolo: si alzava un sipario e si presentava un presepio con personaggi a grandezza naturale che don Totò “occhino”, apparecchiatore di tutte le feste, aveva con particolare cura resi quasi vivi. Ora si dava il caso che quel momento lo conoscevamo tutti e quindi un attimo prima ci si alzava in piedi; quelli in fondo salivano sulle sedie e così gli ultimi potevano vedere solo le spalle ben imbottite di quelli che stavano davanti. Finiva sempre in litigi ed azzittimenti.
Per quella scenografia del presepio, la maggior parte dei presenti non era partecipe della messa. Maria, Giuseppe e il Bambinello erano fuori discussione, ma gli altri personaggi venivano osservati attentamente; i costumi che tutti gli anni erano fatti con i soliti abiti dismessi, le facce, i gesti. Ormai la devozione popolare li conosceva tutti e li aveva santificati. Così San Zaccaria portava la legna, Santa Brigida aveva una cesta di arance sul capo, San Crispino col suo banchetto da ciabattino era in procinto di fare un paio di sandali a San Giuseppe che s’era ridotto scalzo a furia di camminare dietro all’asino, e così via.
Ma il popolo non si fermava lì: così quell’anno il portatore di legna somigliava verosimilmente al sindaco del paese, mentre il pescatore aveva tutte le fattezze del padre del farmacista.
Per noi più piccoli c’era un personaggio che ci mandava al settimo cielo: era quel Bambino, tra un bue ed un asinello, che sprizzava gioia da tutte le parti. L’unico personaggio del presepio che non aveva un grande seguito era uno dei re Magi che portava la mirra. L’unica sua colpa era dovuta al fatto che nessuno conosceva cosa fosse il suo dono.
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Da “A tarbunira” (Il Lunario, Enna 1999)
 tarbunira
— Na vauta s’arcaunta e si disg,
ô tamp dû re dî bàia
ghj’era a Maunt Sar
na mändra di väcchi bleanchi. —
Cuscì accumunzäva u zzu Arfìan
u caunt di la mändra
tramurära ng’ar.
Nièucc carusgì assitei,
â tarbunira, ô scalan di la parta
sprämu chi n giuorn
m’avàia acapter di vrar
na bièstia cun tänt di mulogn
ô cadd, scampanijer
ntô buscott di Cudura.
— L’avai a pighjer pi li carni
e tinarla fierma, masenanqua
sprisc. Ma se ghji la fai,
acumanzu a passervi davänt,
una, daui, ciant väcchi,
li ciarvedi, i chiei,
li scioschi dû dät, i quadirì dû rräm,
tutta la rrantidarìa
e a mèan a mèan si chièngiu ng’ar fìan. —
Mi suntimu giea rricch, ma ogni sara
si rrumpiva u ncantiesim
quänn mestr Antunìan turnäva di la campegna
a caveu di n scecch cilärb cu n fesc d’aiàna.
Anämu a rruberghjila pi ferm li sampogni
e tutt li vauti eru santiuòi e giastomi,
chi m’avàiu a cascher ghj’uogg
pircò ermu fighjuoi di grèan baiesci.
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All’imbrunire
- Una volta si racconta e si dice, (1) / al tempo del re dei boia / c’era a Monte Soro(2) / una mandria di vacche bianche -. / Così cominciava lo zù Alfio / il racconto della mandria / tramutata in oro. // Noi bambini seduti, / all’imbrunire, sul gradino della porta / speravamo che un giorno / ci doveva capitare di vedere / una bestia con tanto di campanaccio(3) / al collo, scampanellare / nel boschetto dei Collura(4). // – Dovete pigliarla per le corna / e tenerla ferma, sennò / sparisce. Ma se ce la fate, / cominceranno a passarvi davanti, / una, due, cento vacche, / le caprette, i cani, / le fiasche del latte, le caldaie di rame, / tutta la mandria, / e mano a mano si tramuteranno in oro fino -. // Ci sentivamo già ricchi, ma ogni sera / si spezzava l’incantesimo / quando mastr’Antonio tornava dalla campagna / in sella ad un asino guercio con un fascio d’erba(5). / Andavamo a rubargliela per farci le zampogne / e tutte le volte erano bestemmie e imprecazioni, / che, per quel piagato di Cristo, / dovevano cascarci gli occhi / perchè eravamo figli di grandi bagasce.
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(1) È la formula con cui si inizia un racconto ed equivale a “C’era una volta”.(2) Monte Soro fa parte dei Nebrodi e resta alle spalle di San Fratello.
(3) mulògn è un campanello usato per gli animali al pascolo e si distingue dalla campèuna (campanaccio) per il formato che è conico. I bubboli sono le ciancianeddi.
(4) Nome di famiglia locale.
(5) L’aiàna è l’avena selvatica.
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La carchiera
La carchiera si mangieva
li rrachi ftegni
e li rrachi scaväri ntô beuzz.
Quarantuott auri di dusg
sanza mei abunter
di fascini di sarmanti,
stripuoi, rrämi di stìanch
e era quazzina fätta.
I carcarer ghji dasgiàiu fart
cu li mäzzi
e u peu di ferr a scarpieu.
N carp e mezz gir,
n carp e mezz gir.
Si smangieva la rraca
e ciràia adieg adieg
fina a fer n pirtus
di mez metr e cchjù.
S’aparäva cu la puovr e la miccina
e si anciva
di cièpula rruossa.
Di la zzima dû beuzz
gridäva na vausg:
“A uoi! A vièucc, amucciàvi!
V’abbrusgia! V’abbrùsgia!”
Mièuma mi strascinäva
nta la ièngara e cu li mei
mi ntuppäva uogg e arogi.
Sparäva dintèan la rraca,
si susiva la nègia
e pighjieva la gaula.
Tra la curva di Mascarìan
e la turnära di Rracataghjiera
la chieva quoda vauta
sparea da saula e sparpaghjiea
a Frareu
nta li traffi dî camaruoi.
Ara ghj’è n fart vant e mi stralìa sanza misircàrdia
nta li scieri di tutt li campegni,
pi li sträri e i paìsg
di tutt u màun.
Aìra cristijei, tinam fart!
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La calcara
La calcàra(1) si mangiava / le rocce dure / e le pietre scavate nel dirupo./ Quarantotto ore di
fuoco / senza mai fermarsi / di fascine di sarmenti, / sterpi, rami di lentisco / ed era calce fatta. / I calcarari gli davano forte / con le mazze / e il palo di ferro a scalpello. / Un colpo e mezzo giro, / un colpo e mezzo giro. // Si consumava la roccia / e cedeva piano piano / fino a fare un foro / di mezzo metro e più. / Si caricava con la polvere / e la miccia e si riempiva / di coccio rosso. // Dalla cima del dirupo / gridava una voce: / “Ehi voi! Ehi voialtri, nascondetevi! / Vi brucia! Vi brucia!” / Mia madre mi trascinava / nella grotta e con le mani / mi tappava occhi e orecchie. / Esplodeva lontano la roccia, / si alzava la nebbia / e prendeva la gola.// Tra la curva di Mascherino(2) / e il tornante di Roccatagliata(2) / la cava quella volta / esplose da sola e disseminò / Filadelfio / tra i cespugli delle euforbie. // Ora c’è un forte vento / e mi trascina senza misericordia / nelle macchie di tutte le campagne, / per le strade e i paesi / di tutto il mondo. // Aiuto gente, tenetemi forte!
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(1) Forno per la cottura della roccia calcarea per la produzione della calce.
(2) Contrade di San Fratello
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I cavei sanfrardei
Ngarrufei nta na ngana dû ccìan
i cavadì sarvegg e li giumanti buriàusi
quänn ghj’acchjappäva la muosca
sbruffävu nirvausg.
I purtävu dî cumùi nta la giant
pi la fiera di San Mniritu
e i amansävu strunzànighji a galapp
cun quättr giuvnuttuoi saura di la carina
nta li punini di li Quazzineri
nta li casti di la Murära.
La prima niscira era ai diesg di Mei,
pi la festa dî Trai Sänt.
I cavei cui cavalarizz ncudei
cam quoi di cascaveu,
i cavostr cui ferr, li seddi,
li brìnuli di tucc i culaur,
pighjievu u galapp pi la cavarchiera
dû Maunt Vecchj.
Nta la puvrazzära chercun artäva
cu li ienchi rruotti,
ma ni s’avàia a savar.
Ghj’eru di cavei cû purtamant signuribu:
eru quoi di Daninu.
I tinàiu nciàusc nta n catuosg
a n di luchiei: nta un ghj’era na carrazza nara cui frisc
e i curduoi ndurei e li ntarci finti.
Quänn anävu a la Gräzzia mpaièi
eru aparei cû mänt cui pirtusg
pi l’arogi e u pinnäcchj:
avàiu la testa ièuta e u päss pisänt
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I cavalli sanfratellani
Stretti in un angolo dello spiazzo / i puledri selvatici e le giumente boriose / quando gli prendeva la mosca / sbruffavano nervosi. / Li portavano dai terreni comunali tra la gente / per la fiera di San Benedetto / e li domavano dandogli al galoppo / con quattro giovanottoni sulla schiena / nelle discese delle Calcinere (1) / nelle salite della Murata (1). // La prima uscita era il dieci di Maggio, / per la festa dei Tre Santi. / I cavalli coi cavallerizzi incollati / come quelli di caciocavallo(2), / le cavezze con i morsi, le selle, / i pendagli di tutti i colori, / prendevano il galoppo / per la cavalcata del Monte Vecchio (1). / Nel polverone qualcuno rimaneva / con le gambe rotte, / ma non si doveva sapere. // C’erano due cavalli col portamento / signorile: erano quelli di Don Nino. / Li tenevano rinchiusi in un catoio (3) / a due locali: in uno c’era / una carrozza nera con i fregi e i cordoni dorati e le torce finte. / Quando andavano alla Grazia (4) aggiogati al tiro / erano parati col mantello coi passanti / per le orecchie e il pennacchio: / avevano la testa alta e il passo pesante.
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(1) Contrade di San Fratello.
(2) Il paese di San Fratello ha un’economia basata sull’agricoltura e sulla pastorizia. Da sempre è stato produttore di latticini, tra i quali l’ottimo caciocavallo lavorato in cuuzzìni (provole) che vengono legate in coppia e messe a stagionare a cavallo ad un bastone; con i ritagli della lavorazione vengono confezionati artistici animaletti, portati ai bambini come giocattoli commestibili.
(3) Parte sottostante della casa.
(4) La contrada del Cimitero.
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Duna ccina
U cutan dî cchjupp
ch’artulìa ntê ccìi mi fea memuòria
ch’i tuoi alustrausg novantegn
dean n significhiea ô tamp
chi ntristisc
pi la làgica fini.
Ma tu ghji crari daveru
chi la mart vau dir chercausa
se mi peardi ancara
di na duna strazzära
chi vea anann n gir ntô zzieu
pi curpir a chi la uerda fissa?
Quänt ghji pà u fätt
d’avar mparea arriptì ô cuor
la magarìa
sanza mei sbaghjer na parada?
Se a d’alustr di na duna quinta e dièsgima
cau meu pighja ancara rribaur
e u rruculier si fea a n duoi
n grir di dulaur
na prijera ùrtima.
E’ u sclamer di sàntiri u sciar
di la sciaur di li vièrgini
chi ntô mas di Mei si spänn
e si fea cautra nta la nuott.
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Plenilunio
Il cotone dei pioppi / che fa mulinello nei cortili / mi suggerisce che i tuoi lucidi novant’anni / danno un senso al tempo / che intristisce / per la logica fine. // Ma tu credi davvero / che la morte significhi qualcosa / se mi parli ancora / di una luna stracciata / che va in giro per il cielo / a colpire chi la guarda fissa? / Quanto può l’avere imparato / ripetuto al cuore / la formula magica / senza mai sbagliare una parola? // Se nel chiarore del plenilunio(1) quel male (2)/ prende ancora consistenza / e l’ululato si difforma / in grido di dolore / in preghiera estrema. / E’ il desiderio di sentire / l’essenza / del fiore delle spose (3) / che a Maggio si spande / e si fa coltre nella notte.
(1) Lett. luna quinta e decima (quintadecima) ossia luna piena (15° giorno dal novilunio).
(2) L’epilessia.
(3) E’ il “Philadelphus virginalis” detto anche “fiore delle spose”.
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Da “Färabuli” (Centro Internazionale sul Plurilinguismo, Università di Udine, 2004)
La zzijela e la frumiega
La zzijela gieach avaia cantea
tutta l’Estea,si truvea sanza pruvisti
quänn u zieu ghji fo vrar li visti:
n’avaia n cacc di scaghjuola o di frumant,
e meanch na mudichina di verm o di n sa parant.
Agliauri anea a cièngiri pi la grean fäm
ana la frumiega saua visgina di scurzäm
aprigànnila di mpristerghji cherca muieghja
pi pularsi sustinar fina a la nuova peghja.
«Cumarina, prima d’Auost, uò na trasura,
uò pighjer la peaga cam cantänt di cunträra
— ghji diess, e agiurea parada d’animeu —,
accuscì vi tuorn i ntiresc cun tutt u capiteu.»
La frumiega, u sauoma, ni è pi nant burgiasa
e iea u difiett chi ni mpresta mei la spasa.
«Sach fasgii quänn u tamp era ban?»
ghji diess a la zzijela cu la fecc di bardan.
«Ni vi displasgioss se vi dich chi iea cantäva
nuott e giuorn pi ogni attupänt ch’arriväva.»
«Cumär zzijela, mi ng’adiegr assei chi uoi cantest,
ma ara antucc cu la frengia abalai u rrest.»
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La cicala e la formica
Poichè la cicala aveva cantato / tutta l’estate, si trovò senza provviste / quando il gelo cominciò a farsi sentire(1): / non aveva un chicco di miglio o di frumento, / e nemmeno un pezzetto di verme o di un suo parente(2). / Quindi andò a piangere per la grande fame / presso la formica sua vicina di casa(3) / pregandola di prestarle qualcosa da mangiare /per potersi sostenere fino alla nuova estate(4). / «Comarina, prima di agosto, avrò un’entrata, / dovrò prendere la paga come cantante di contrada / — le disse, e giurò sulla sua parola d’onore —, / così vi restituirò gli interessi con l’intero capitale.» / La formica, lo sappiamo, non è per nulla generosa / e ha il difetto di non prestare mai gli alimenti. / «Cosa facevate quando il tempo era bello?» / disse alla cicala sfacciata(5). / «Non vi dispiaccia se vi dico che cantavo / notte e giorno per ogni avventore che arrivava.» / «Comare cicala, sono molto contenta che voi avete cantato, / ma ora insieme con la fame(6) ballate il resto.
1. Lett.: ‘gli fece vedere il panorama’. Ironicamente sta ad indicare chi soffre per una cosa spiacevole.
2. I parenti dei vermi sono le mosche e le farfalle.
3. Lett.: ‘corteccia’ dell’albero in cui trovano riparo gli insetti.
4. Lett.: ‘nuova paglia’. Si allude alla trebbiatura, quindi all’estate che verrà.
5. Lett.: ‘faccia di basto’.
6. Lett.: ‘francia’. Il termine veniva usato dai prigionieri di guerra (1915-18) in luogo di ‘fame’ per evitare la censura austriaca (L. Spitzer).
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Ghj’animei cû marb nar
N meu chi simana tirraur,
ch’u Zzieu ntô sa furaur
nvintea pi castigher li malfätti di la terra,
u marb nar (bisagna acciamerlu cam ntô quadern),
capec nta n giuorn di ànciri di nfern,
a ghj’animei ghji fasgiaia la uerra.
N’è chi murivu tucc, ma ognun pativa.
Ni si vraia nudd occupea a der
sustiegn a na vita chi muriva;
u pitit n’u fasgiaia vnir nudd manger.
Né dauv né uorp puntävu
la chieccia dauzza e nnuciant.
Li turturini scappävu;
d’amaur n’assistiva cchjù nta nant,
e di l’adigrozza nin ghj’era meanch u vant.
U lian tien n cunsoghji e pearda:
«Iea suogn cunvint, chier amisg miei,
ch’u Zzieu affunù pî nasc pichiei
mi manea ssa svuntura tanearda.
Di nieucc, cau chi cchjussei ghji cuorpa
iea èssiri sacrifichiea a cau chi tutt uerda;
accuscì mi pà vnir u pirdan pi la giant.
La stuoria mi mpära chi ntê suprizzi
cam quoss si fean puru sacrifizzi.
Nanqua, sanza avantermi di nant,
fuoma l’esämi sanza ndulgianza
dû stät di la nascia cuscianza.
Pi n quänt a iea, sadisfann u miea pitit,
mi mangiei na bedda pässa di crastei.
Sach m’avaiu fätt roi, nnuciant fitt!
M’assucirì puru di mangermi i uardiei.
Iea mi sacrifich, nanqua, se ghj’è bisagn.
Ma iea pans chi p’ognun è causa bauna
se s’accusa cam foi iea: pircò di tucc i sagn
u cchjù beu è chi iea sprir a la tauna
cau ch’arsulta u cchjù curpäbu dû rregn.»
«Patran miea, — diess la uorp — uoi sai n rre ban assei.
I vasc scrupul muostru trappa dilicatozza;
E pircò! arvauti è pichiea mangersi i crastei,
caneghji, rräzza bäba? Nà, nà: uoi sai na bidozza,
patran miea, mangiànnivi ghji dist trappa mpurtänza;
e n quänt ê uardiei, si pà dir
chi eru dign di tucc i mei
gieach appartienu a cau gir
di giant chi saura di ghj’animei
si fean rricch cam ni ng’assistu n gir.
La uorp pardea e n grean pleus iev u sa discuors.
Nudd si pirmies d’aner ô faun di l’offasi
men pirdunäbu di la tigri e di d’uors
e di ghj’ieucc animei cu li aungi tasi.
Tucc i nsurtaraur, fina ê chiei mastì,
ô dit d’ogni prisant eru tenc santinì.
Ô sa turn von u scecch e diess: «M’arsuvien
chi passann nta la sirba di n cuvant,
la fäm, d’erba tènira, e la quasian,
e iea pans di cherch dievu u ncitamant,
n giuorn di quoda erba mi n mangiei
quänt cu la maia dangua ng’affirrei.
Iea n’avaia diritt, se uò parder sincier.»
A ss paradi ognun “scecch lätr!” ghji gridea.
N dauv fätt a studiea anea a dimustrer
chi cau tint animeu anäva sacrifichiea.
Pircò cau animeu rrugnaus e spilacchjan
era la chieusa ch’u marb avaia sustignù
e u giurizzi giust pû sa pichiea gränn
fu chi era dign precis d’èssiri mpunù.
Mangersi d’erba di ghj’ieucc! Chi meuvivant!
La mart n’abastäva pi pagher u sa azzant;
e subt ô pavr nnuciant la mart ghji la fon vrar.
A sigauna chi vieucc sai puvrì o putant
li sintanzi dû tribuneu vi fean bleanch o nar.
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Gli animali malati di peste
Un male che semina terrore, / che il Cielo nel suo furore / inventò per punire le malefatte della terra, / la peste(1) (bisogna chiamarla nella maniera giusta(2), / capace in un giorno di riempire l’inferno, dichiarò guerra agli animali. / Non morivano tutti, ma ognuno soffriva. / Non si vedeva nessuno occupato a dare / sostegno ad un malato(3) che moriva; / nessun cibo faceva venire l’appetito. / Né il lupo né la volpe puntavano / le prede dolci e innocenti. / Le tortorelle fuggivano; / l’amore non c’era più in nessuna cosa,e dell’allegria non v’era neanche l’alito. / Il leone tiene un’assemblea e parla:«Io sono convinto, cari amici miei, / che il Cielo offeso per i nostri peccati / ci ha mandato questa sventura odiosa(4). / Chi di noi risulta essere il più colpevole / deve essere sacrificato a colui che tutto vede; / così potrà venirne il perdono per tutti(5). / La storia ci insegna che nei supplizi / come questo si fanno anche sacrifici. / Pertanto, senza vantarci di nulla, / esaminiamo senza indulgenza / lo stato della nostra coscienza. / Per ciò che mi riguarda, soddisfacendo la mia voglia, / ho mangiato un bel numero di montoni. / Cosa mi avevano fatto loro, poveri innocenti(6)! / Mi è capitato anche di divorare i pastori. / Io mi sacrifico, dunque, se c’è bisogno. / Ma penso che per ognuno sia cosa buona / se si accusa come ho fatto io; perché tra tutti i sogni / il più bello è quello che debba sparire del tutto / colui che risulti il più colpevole del reame(7).» / «Padrone mio, — disse la volpe — voi siete un re molto buono. / I vostri scrupoli mostrano troppa delicatezza; / E perché! forse è peccato mangiare i montoni, / canaglie, razza stupida? No, no: voi siete una bellezza, / padrone mio, mangiandoli gli avete dato troppa importanza; / e quanto ai pastori, si può dire / che erano degni di tutti i mali / poiché appartengono a quel giro / di gente che sopra gli animali / si arricchisce senza uguali. / La volpe parlò e il suo discorso ebbe un grande applauso. / Nessuno si permise di andare a fondo delle offese / meno perdonabili della tigre e dell’orso / e di tutti gli animali con le unghie tese. / Tutti i litigiosi, fino ai cani mastini, / a detta di ogni presente erano tanti santini. / A sua volta venne l’asino e disse: «Mi sovviene / che passando nel terreno di un convento, / la fame, l’erba tenera, e l’occasione, / e io penso la tentazione di qualche diavolo, / un giorno mangiai di quella erba / quanto ne ho afferrata con la mia lingua. / Non ne avevo diritto, se debbo parlare sincero.» / A tali parole ognuno gli gridò “asino ladro!” / Un lupo un po’ saputello(8) andò a dimostrare / che quel brutto animale andava sacrificato. / Perché quell’animale rognoso e spelacchiato / era la causa che aveva alimentato la peste / e il giusto giudizio per il suo grande peccato / fu che era del tutto degno di essere impiccato. / Mangiarsi l’erba degli altri! Che malvivente! / La morte non bastava per pagare la sua azione; / e al povero innocente la morte gliela fecero vedere subito. / A seconda che voi siate poveri o potenti / le sentenze del tribunale vi fanno colpevoli o innocenti(9).
1. Il cosiddetto morbo nero è la peste che faceva assumere al malato un colore nero.
2. Lett.: ‘come nel quaderno’, ossia nella maniera scritta.
3. Lett.. ‘vita’.
4. Lett.: ‘rozza’, incivile.
5. Lett.: ‘gente’ (v. nota 9 della favola XXII).
6. Lett.: ‘innocenti fitti’, del tutto.
7. Essendo il leone il re degli animali, qui s’intende il suo regno.
8. Lett.: ‘appena studiato’; sta per chi ha qualche infarinatura in fatto di cultura.
9. Lett.:’ bianchi o neri’.
